J'ai perdu mon sourire, j'ai perdu mon visage, tel un oiseau aux ailes brisées..., qui à chaque fois qu'il essaie de prendre un nouvel envol, retombe sur le sol

Le grand départ…
C’est avec cette photo de noël, que je trouve tellement belle, génératrice d’une immense paix, d’un calme reposant, d’une liberté d’expression et de choix très grande, de respect, de bien-être et tant d’autres choses encore…
Que je vais vous dire au revoir.
Parce qu’il y a des gens qui se servent de mon blog pour tenter de détruire se que j’ai reconstruit depuis des mois,
Parce qu’il y a des gens qui se permettent de lire mes écrits, les analyser à leur manière sans même tenter de comprendre leur nécessité ou leur contenu,
Parce qu’il y a des gens qui viennent épier cet endroit qui pour moi était mon jardin secret, mais ne peut par conséquence plus l’être,
Parce qu’il y a des gens qui par la faute de ce blog, me porte des accusations insensées,
Parce qu’il y a des gens qui ne comprennent pas que même si l’on est sorti de la maladie, on peut de temps à autre trébucher et avoir le moral légèrement en baisse, et besoin surtout de l'exprimer de la manière que l'on peut,
Parce qu’il y a des gens qui n’ont pas pensé alors, qu’au lieu de vous achever à coup de mail, il aurait été préférable qu’ils vous appellent, vous apportent leur soutien dans ces moments plus difficiles,
Parce qu’il y a des gens qui ne peuvent comprendre que même guéri, on peut encore avoir envie de tendre la main à d’autres malades, de servir d’exemple, de leur donner espoir,
Parce qu’il y a des gens qui vont faire que les articles que je laisse me nuiront plus qu’ils ne m’aideront,
Parce qu’il y a des gens qui m’empêcheront maintenant d’être sincère ici et d’exprimer réellement le fond de ma pensée,
Alors je préfère m’en aller. J’irai crier si besoin ma douleur ailleurs et d’une autre manière, j’irai tendre une main sans que l’on puisse me le reprocher, j’irai pleurer dans un coin, plutôt que sous le regard de ces personnes, et exprimer ce que je ressens par un autre biais que celui-ci.
Je souhaite quitter ce blog en partant la tête haute, en criant le plus fort possible qu’aujourd’hui je ne suis plus dans la maladie, même s’il m’arrive juste quelques fois de fléchir un peu et de douter… En disant qu’à cet instant où j’écris je vais bien, je garde toujours un poids constant, je continue l’envie et le plaisir de manger à chacun de mes repas, j’ai une rage de vaincre et surtout de vivre comme personne, j’ai une vision des choses (grâce à la thérapie faite lors de mon hospitalisation), et un état d’esprit totalement différent qui empêchera justement que la maladie se « réveille » et reprenne possession de moi. Que j’ai aujourd’hui les armes nécessaires à une lutte que je mènerais sans merci (même si je sais que je me prendrais quelques coups. C’est inévitable dans ce type de pathologie). Que mon seul et unique désir actuellement est de poursuivre l’œuvre de ma vie que j’ai commencée lorsque j’ai rencontré Thierry et que j’ai par la suite continuée en donnant naissance à mes 4 enfants. Que mon dernier vœu est de pouvoir continuer de tout leur donner, en sachant tout de même ne pas m’oublier et maintenir les efforts faits ces derniers mois pour prendre soin de moi également.
Ci-dessous, une toute dernière photo de moi, qui montrera à quel point il faut y croire…
A toutes celles que je côtoyais régulièrement par l’intermédiaire de ce blog et qui ont mon adresse mail, sachez que vos messages et nos échanges seront toujours les bienvenus. A toutes les autres, je vous souhaite le même parcours que le mien, un immense pas vers la guérison et vous répète qu’il faut toujours garder espoir. A tous les autres, qui venaient me lire parce qu’eux-mêmes malades, ou pour obtenir des informations, ou s’imprégner d’un témoignage vécu… je vous remercie d’avoir fait un bout de chemin à mes côtés et vous souhaite tout le meilleur.
Je laisserais ce blog ouvert, tant que le site me le permettra. De manière à ce qu’il puisse servir d’exemple (et non de modèle, car je ne suis pas un modèle à reproduire !). Prouver simplement que l’on peut se sortir de cette terrible maladie qu’est l’anorexie-boulimie, et se relever, en prenant tout le temps nécessaire à soigner ses plaies et blessures… pour un jour, tenir en main cette victoire définitive et ne plus jamais avoir à combattre.
Le haut de la page de mon blog (mis à son ouverture) se présente ainsi :
J'ai perdu mon sourire, j'ai perdu mon visage, tel un oiseau aux ailes brisées..., qui à chaque fois qu'il essaie de prendre un nouvel envol, retombe sur le sol
Aujourd’hui, j’aimerais qu’il se termine par ces mots :
On m’a rendu mon sourire, j’ai retrouvé mon visage, et mes ailes, soignées, pansées, me permettre maintenant de m’envoler vers une vie merveilleuse et remplie que du meilleur.
Ce soir j’ai le cœur lourd. Les larmes dans les yeux, la boule qui serre ma gorge. J’en veux à la vie, au monde entier, de me faire souffrir ainsi.
Aujourd’hui est un jour pas comme les autres.
Je devais ce matin être à la gare de la part dieu, à Lyon, à 10h51 exactement. Pourquoi faire ? Rencontrer pour la première fois de ma vie, ma petite sœur de cœur. Cette jeune personne que je côtoie chaque jour depuis cela des mois maintenant, par mail, par téléphone, par courrier. Pas un jour sans un mot, sans une phrase, sans un signe, sans une pensée l’une pour l’autre. Pas un jour où l’on ne s’est pas épaulée, où l’on n’a pas échangé…
Elle fait partie de ma vie, même si cela semble fou, autant que Thierry et mes enfants, ou les personnes de ma famille, mes proches, mes amis. Elle est même plus que cela pour moi. Car tout à la fois en fait. Ma petite sœur, mon Amie, ma confidente, celle qui m’écoute, celle qui peut m’entendre (car plus neutre parfois que les gens qui me sont trop proches), celle qui me comprend, celle qui me conseille, celle qui à tout moment m’aide à me relever quand le combat devient trop dur et que je me retrouve au sol. Elle était « là » le 9 février quand j’ai voulu partir, elle était là ensuite quand j’ai été hospitalisée, elle est toujours restée, m’a attendue, m’a accompagnée dans cette terrible épreuve.
Elle-même dans l’anorexie depuis des années, elle se bat au quotidien contre ses troubles. Ces derniers temps, son état s’était aggravé et elle était au plus mal. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a souhaité nous rencontrer. Parler autrement que derrière un écran d’ordinateur ou à l’autre bout d’un téléphone… Elle voulait me voir, que je lui parle plus dans le détail de mon hospitalisation, de ce qui s’y est passé réellement, que je l’a rassure, que je l’aide dans sa décision éventuelle quant-à faire ce même choix que le mien, qu’elle me voit, qu’elle se rende compte que l’on peut aussi vivre bien (et même mieux !) à 59 kilos (mon poids actuel) plutôt qu’à 43 ou 45… Elle voulait que l’on parle de nous, de nos vies, de nos parcours…
Elle habite très loin, mais on avait réussi enfin à convenir de cette rencontre. Toutes les deux
nous avions nos billets de train en poche, une chambre d’hôtel réservée à Lyon pour nous ce soir… Cela faisait des semaines que je pensais à ce moment. J’imaginais déjà l’instant où elle
arriverait sur le quai de la gare ! J’attendais cela, tel un petit qui attend le passage du père-noël ! Ca allait être MON père-noël, et mon plus beau cadeau…
Seulement, une fois encore, la vie en a décidé autrement. Ma petite sœur m’a fait savoir hier qu’elle avait craqué complètement, et qu’elle devait être hospitalisée d’urgence… tout comme j’ai dû l’être le 9 février. Annulation bien évidement de son voyage, de notre rencontre…
Mon rêve s’est effondré. L’impression que ma vie toute entière s’était écroulée avec ! Ce
n’est pas encore pour cette année le cadeau de noël !
Je me retrouve avec mes billets train dans la main, le cœur lourd de peine, de souffrance, d’injustice. Je souffre de savoir ma petite sœur dans un tel état. De ne pas avoir réussi aussi à l’empêcher d’en arriver là, même si je sais pertinemment qu’à ce stade de la maladie, personne ne peut rien faire. J’ai tenté des dizaines de fois de la convaincre d’une prise en charge en milieu hospitalier, sachant très bien qu’elle n’arriverait jamais à s’en sortir toute seule. Mais comme je l’ai moi-même si souvent pensé et cru, elle me disait qu’elle allait se ressaisir et que ça irait, qu’elle allait tenir, aller mieux…
On ne peut pas aller mieux, on ne peut pas guérir de ces troubles par simple souhait ou volonté de le faire. C’est tellement plus profond ! Cela me permet de rappeler à quel
point on peut alors comprendre que l’anorexie-boulimie n’est pas un caprice, un moyen d’ennuyer les autres, d’attirer l’attention, ou un simple désir de vivre autrement que les autres ou même de
maigrir ! C’est une maladie grave dont on ne peut se sortir sans l’aide sérieuse de professionnels de santé, très compétents dans ce domaine.
J’ai mal ce soir de la savoir partie… Même si d’un autre côté je me sens plus « rassurée » car je sais qu’au moins, elle va être prise en charge à minima dans un premier temps, et éviter le pire. J’aimerais pouvoir aller la voir mais c’est bien sur impossible. La serrer contre moi, la soutenir, la « relever » après ce combat mené ces derniers mois qui l’a mise au sol… tellement blessée qu’elle ne pouvait plus se redresser.
Cette maladie est
un enfer, qui vous donne des coups en permanence et vous épuise, vous détruit, vous marque, vous laisse des blessures atroces qui mettront des années à s’effacer. Si un jour elles
s’effacent ! Cette maladie est un démon qui vous envahi et ne vous lâche jamais. Quelles que soient les thérapies utilisées, les moyens de combattre ce mal… Il faut lutter en permanence,
continuer encore de se battre chaque jour, même après les soins…
Ce que je fais au quotidien, malgré les 5 mois d’hospitalisation et 6 mois passés depuis. Elle est toujours là, elle sommeille, elle guette… Et à la moindre faille que vous lui laissez, oubliant par moment qu’elle est toujours présente… elle ressurgit ! Heureusement, la thérapie faite lors de mon hospitalisation m’a permis d’apprendre à réagir dans de telles circonstances. Alors quand il m’arrive de me faire surprendre, même si je me prends un coup comme je dis (car cela se produit, oui, inévitablement. Toujours) je réussis malgré tout à me relever, et à combattre avec une telle énergie que je conserve pour l’instant la victoire. Le démon, vaincu, se rendort… et me laisse un peu en paix. Jusqu’à la prochaine fois !
Ma petite sœur en tout cas je suis avec toi, en permanence ; Par la pensée, par mes sentiments, par les maux que je partage du fait que je ressens tout ce que tu vis, par les messages laissés, les appels… Tout comme tu l’as fait, je t’attendrai. Aussi longtemps qu’il le faudra je resterai. Je serai toujours là.
Et un jour, sur le quai de la gare, je te serrerai dans mes bras. Je te le promets.
Alors petite sœur, accroche-toi et surtout… ne me laisse pas.
Je ne trouve pas les mots aujourd'hui pour exprimer ce que je pense...
Alors c'est avec cette photo, que je crierai ce que je ressens...
Je trouve que le Docteur Catherine HERVAIS définit mieux que personne ce qu’est la boulimie…
Que l'on se fasse vomir ou pas, que l'on ait dix crises par jour ou une par semaine, que l'on grignote toute la journée ou que l'on se retienne de grignoter, que l'on soit maigre, bien proportionné ou obèse, la boulimie est avant tout une obsession qui emprisonne totalement la personne. On peut aussi bien faire une crise de boulimie avec trois pommes et quatre yaourts qu'avec une montagne d'aliments à en avoir le ventre qui éclate. Ce ne sont pas les quantités qui définissent une crise de boulimie, c'est la manière de manger : en cachette, en urgence, coûte que coûte, avec honte et contre sa volonté... ou simplement en grignotant avec culpabilité.
Mais surtout, au-delà des aspects comportementaux, ce sont des caractéristiques mentales qui définissent réellement qu'une personne est boulimique : on ne se sent pas dans son corps, on a une hypersensibilité émotionnelle, on a l'impression de vivre en décalage avec le monde et on a peur des autres. On n'a pas confiance en soi en profondeur.
Certaines personnes vivent complètement recluses sans être capables de travailler, avec une véritable phobie sociale. D'autres se diraient épanouies et heureuses s'il n'y avait pas la boulimie pour les empêcher de vivre. Elles peuvent ne pas douter de leurs capacités intellectuelles, mais restent persuadées qu'elles ne peuvent pas être aimées pour elles-mêmes. Aucune envie ne les mobilise hormis manger. Elles se sentent perdues. Les psychanalystes et les spécialistes de l'addiction l'ont compris, même si l'on peut parfois en mourir la boulimie ne vise pas l'autodestruction. Bien qu'elle puisse engendrer des problèmes physiques importants (que l'on peut contrôler avec un bon accompagnement médical) elle est pour le mental un réflexe de survie. Elle sert à apaiser une angoisse très profonde : on mange parce qu'on se sent vide, incomplet, inexistant, et cela même quand on a réussi socialement.
La boulimie est un trouble profond de l'identité, qui tend à résister à l'approche psychanalytique classique, mais qui peut se résoudre au travers d'une thérapie de groupe intensive centrée sur le présent. C'est dans l'interaction des contacts avec l'autre que l'on trouve enfin des réponses à des questions simples mais essentielles : qui je suis ? Où je veux aller ? Comment vais-je m'y prendre pour y aller ?
Les personnes qui pensent par exemple que la boulimie est un trouble du comportement alimentaire lié à de mauvaises habitudes vont essayer de se contrôler pour ne plus avoir de boulimies. Au bout d’un certain temps, elles craqueront et les boulimies reviendront comme avant. On ne guérit pas d’une obsession par l’abstinence. On peut être brillant, fabuleusement créatif, et, en même temps, avoir au fond de soi un sentiment de vide extrêmement oppressant au point de ne rien pouvoir faire d'autre que manger. Ce vide chez les boulimiques est réel. Tout se passe comme si on avait un trou dans sa personnalité, comme si on en était resté au stade du bébé qui ne s'apaise que la bouche pleine. Avec, par ailleurs, le sentiment de n'être pas vraiment connecté aux autres, même à ceux qu'on aime. Concrètement, on n’a presque toujours envie de rien, juste de manger et de dormir pour oublier qu'on se sent incomplet. Comment guérir d'un vide ? On peut utiliser la nourriture, l'alcool, la drogue, les médicaments pour ne plus le ressentir, mais les souffrances secondaires créées par ces "drogues" deviennent vite insupportables. D'ailleurs, aucune de ces "drogues" ne peut vraiment remplir le vide. Elles permettent tout juste de l'oublier, pendant un instant. Pour guérir du vide, il faut le remplir de SOI ce qui suppose qu'il faut se mettre à exister et à ne plus faire semblant. Il faut, en quelque sorte, partir à la recherche de soi, découvrir QUI on est vraiment, repérer ses vrais désirs, apprendre à les exprimer sans violence. Alors et alors seulement disparaîtront le sentiment de vide, l’obsession de la nourriture et la boulimie. Si vous le pouvez, lancez-vous dans une thérapie. Elle vous fera incontestablement gagner beaucoup de temps, ce qui n’est pas négligeable dans la mesure où votre souffrance est souvent insupportable.
Mais encore une fois, vérifiez bien que cette thérapie vous aide à travailler « comment devenir vraiment soi-même, ICI ET MAINTENANT », sans vous laisser trop mariner dans vos difficultés d’enfant entre papa et maman. Même si vous avez eu des gros soucis relationnels et matériels dans l'enfance, l'origine de votre problème remonte à un temps trop précoce pour que la mémoire s'en souvienne. C'est en général le cas pour toutes les personnalités "toxicos".
La boulimie est une obsession de la nourriture : les obsessions sont des idées ou des images qui sont difficiles à ignorer et qui causent une véritable détresse. Les personnes boulimiques savent la place énorme que tient l'obsession de la nourriture dans leur vie. Elles ont toutes en commun cette obsession qui les submerge en permanence, du matin au soir, au point de gâcher leur vie. Même lorsqu'elles se retiennent d'avoir des crises, elle est là. Elles se lèvent le matin avec l'idée qu'elles ne vont pas craquer, que ça va enfin être une bonne journée, qu'elles vont pouvoir penser à autre chose. Mais plus elles se retiennent et plus l'obsession de la nourriture augmente. Au fur et à mesure que la journée avance, elles sentent une pression de plus en plus violente. Et puis c'est plus fort qu'elles, elles finissent par craquer, même si certaines personnes réussissent néanmoins à contrôler leur alimentation pendant de longues périodes. Pourtant l'obsession de la nourriture ne figure pas parmi les critères psychiatriques du diagnostic de la boulimie et les psychiatres hospitaliers spécialistes de la boulimie considèrent qu'une personne qui a réussi à se retenir d'avoir des crises pendant six mois est guérie. En réalité, même si la personne a tenu six mois sans crises, elle a été obsédée par la nourriture du matin au soir. Et même si elle a courageusement réussi à résister, elle a été en détresse tout au long de ces six mois. Le traitement terminé, il est à craindre qu'elle ne réussisse généralement pas à résister longtemps à cette obsession de la nourriture.
La boulimie traduit également un manque de confiance en soi : Contrairement aux anorexiques, les boulimiques ont un manque de confiance en soi pathologique. Cela n'apparaît généralement pas dans leurs rapports sociaux dans lesquels elles semblent être totalement dans l'ouverture à l'autre et peuvent avoir l'air très sûres d'elles-mêmes, mais cela devient très net dès qu'elles se retrouvent dans un univers plus intime. Le regard psychanalytique, quant à lui, va au-delà du discours "manifeste " des personnes boulimiques et fait remonter le manque de confiance en soi à un échec relatif aux processus d'intériorisation des premières relations de l'enfant et de son environnement. Bien avant l'adolescence, bien avant que l'enfant ne soit préoccupé par son corps, il y aurait déjà des signes avant-coureurs. On observe que, bébé déjà, ces personnes peuvent sourire pour que maman ne s'en aille pas. Plus grandes, les unes peuvent obtenir de très bons résultats à l'école, les autres ne pas parvenir à se concentrer suffisamment pour réussir, mais les unes comme les autres sont souvent des enfants "trop gentils ", toujours attentifs à faire plaisir, comme s'ils avaient quelque chose à prouver pour se faire apprécier. Plus tard, à l'adolescence, faire plaisir ne suffit plus. On se sent obligé de devenir réellement soi-même, on ne peut plus vivre uniquement pour plaire à l'autre. On ne peut plus se laisser habiter par la vie (et l'avis) des parents ou des autres. On a besoin de se positionner, de montrer qui on est. Et c'est alors que le bât blesse. Au moment où il est nécessaire de devenir adulte les personnes boulimiques ne se sentent pas exister vraiment. Comme toutes les personnes d'ailleurs qui ne peuvent pas vivre sans une addiction, les boulimiques semblent avoir raté cette étape de la croissance affective qui apporte la tranquillité, l'autonomie, la confiance en soi-même et en l'autre.
Si la psychothérapie semble être l'approche la plus ajustée pour la personnalité affectivement carencée des boulimiques, elle devra tenir compte de ce que Winnicott, pédiatre psychanalyste, a appelé le "faux-self ". Les boulimiques savent très bien jouer à "faire semblant ", parfois avec bonne foi d'ailleurs, et partir dans des discours intellectuels ou rationnels, intéressants certes, mais éloignés de ce qu'elles sont au fond d'elles-mêmes, loin de leur émotion authentique. A l'image des psychothérapies qui se pratiquent avec les alcooliques ou les toxicomanes, la psychothérapie des personnes boulimiques aura avantage à être confrontante.
Si vous êtes boulimique, et que vous n'avez pas la possibilité de faire une thérapie, voici quelques pistes pour faire une grande partie du chemin vous-même et vous orienter vers une vie sans boulimies.
1. Cessez d’avoir honte de faire des boulimies.
2. Refusez d’avoir honte de vous-même.
Au fond de vous-mêmes vous vous sentez tellement vide que vous avez honte face aux autres avec qui vous partagez de l’affectif. Je sais que certaines personnes boulimiques sont très à l’aise dans le social tant qu’elles restent dans le superficiel. Mais dès qu’elles abordent les rapports qui mettent en jeu l’émotionnel, elles se sentent tout aussi vides que les autres. Vous angoissez de ne pas être à la hauteur, d’être ridicule, de ne pas intéresser, de ne pas renvoyer l’image que vous pensez qu’on attend de vous. Dites-vous que vous êtes comme vous êtes, que ce n’est pas de votre faute et que vous avez le droit de vivre. Sachez simplement écouter sans rien chercher à prouver. Pour ce qui est du vide que vous ressentez, voici quelques conseils pour construire quelque chose à l’intérieur.
3. Avant toute chose, ne détruisez pas votre environnement.
Que vous viviez avec vos parents, que vous ayez un petit ami, un mari et des enfants, ne polluez pas leur atmosphère, même si vous êtes très très mal. Vous n’êtes pas obligée de dire que vous allez bien, mais évitez de vous plaindre et de gâcher leur joie de vivre. Leur joie de vivre vous aidera à rebondir quand vous en aurez besoin. Ne les tenez pas informés de toutes vos boulimies (ou chaque fois que vous allez vomir, si vous faites partie des personnes qui vomissent), même s’ils insistent pour savoir. Vous les inquièteriez inutilement sans rien résoudre pour autant. Votre entourage finirait par être obsédé par votre problème et ne s’autoriserait pas à vivre avec la légèreté nécessaire à leur bien-être.
4. Pas d’agressivité.
5. Ne cherchez pas à avoir toujours raison.
6. Ne soyez pas soumis(e).
Certaines personnes boulimiques ont si peu confiance en elles, elles sont tellement effacées qu’on ne les voit pas. Obligez-vous à vous situer dans la relation. Dites ce que vous aimez. Dites ce que vous n’aimez pas. Sans inonder l’autre, bien sûr, mais positionnez-vous. Chaque fois que vous le ferez, cela renforcera l’estime de vous-même.
7. Ne faites que ce qui vous fait plaisir
Attentives à survivre, les personnes boulimiques en sont plus à chercher des soulagements que des plaisirs. D’ailleurs, le plus souvent, elles ne savent pas ce qui pourrait leur faire plaisir. En revanche elles y voient plus clair en ce qui concerne les déplaisirs. C’est un début pour trouver son chemin : éviter ce qui vous crée du déplaisir, à moins que ce ne soit absolument nécessaire. Par exemple, il est nécessaire d’aller en classe ou au travail, mais il n’est pas nécessaire de manger à table avec les autres ou d’aller passer tous les week-ends dans sa belle famille. On peut faire des choses qui ne font pas plaisir à l’autre. On ne les fait pas contre l’autre, on les fait pour soi. A l’autre d’être tolérant et à vous de le dire gentiment.
[…] »
Aujourd’hui encore, 6 mois après ma sortie d’hôpital…, je ne peux m’empêcher de me poser cette question : ne suis-je pas toujours (et ne le serais-je pas toute ma vie), une toxico de la bouffe ?
Il n’est pas bon de ne rien dire non plus. Même si ce que vous avez envie de dire ou de faire risque de ne pas plaire, dites-le, par devoir vis-à-vis de vous-même. Dites-le sur un ton gentil, mais dites-le. Vous n’êtes pas sur terre pour plaire à l’autre. Acceptez momentanément de déplaire. Vous n’en serez que plus séduisant(e) et mieux dans votre peau. Inversement, n’acceptez pas l’agressivité de l’autre, même quand vous avez tort. Personne n’est parfait. Quand on est chez soi, on a le droit de se tromper. N’acceptez pas qu’on vous parle sur un ton qui ne vous plait pas.
Soyez tolérant(e), avec vous-même autant qu’avec les autres. Vous croyez souvent que devez des choses à l’autre et inversement que l’autre vous en doit. Vous vous mettez en quatre pour faire plaisir et lorsque l’autre ne fait pas ce que vous attendez de lui vous êtes capable d’exploser de haine (là ou toute autre personne fonctionnant sainement ferait juste une remarque). Si vous n’agressez pas l’autre, il vous sera reconnaissant et vous pourrez exiger qu’il ne vous agresse pas non plus. On est ensemble pour le meilleur (pas pour se compliquer la vie). Si vous rentrez et que votre copain n’a pas fait la vaisselle ou s'il n'a pas couché les enfants, ne soyez pas acide. Il a le droit de faire (ou de ne pas faire) ce qu’il veut, quand il veut, même si ça ne vous convient pas tout à fait. Par contre n’hésitez pas à dire votre déception, sinon elle vous rongerait au fond de vous-même pendant très longtemps. Mais dites-le sans agressivité.
Même boulimique, acceptez-vous avec vos crises. Je sais qu’elles sont très difficiles à vivre pour vous, mais cessez de culpabiliser. Ce n’est pas votre faute si vous faites des boulimies, c’est une angoisse profonde qui vous les fait faire, et tant que vous n’aurez pas fait le nécessaire pour apaiser cette angoisse, les boulimies resteront un réflexe incontournable. La boulimie est un refuge qui vous est nécessaire pour le moment. Même si vous avez de la volonté dans d’autres domaines, dans celui-là vous ne réussissez pas à tenir très longtemps. Votre obsession de la bouffe aura raison de vous.
« […]
La boulimie est une addiction parmi d'autres
Bien que trouvant ses racines dans le tout premier âge de la vie, la boulimie ne se manifeste souvent qu'à l'adolescence, à la suite d'un premier "régime" amincissant. Mais elle peut aussi survenir à n'importe quel âge, à l'occasion d'un événement déclenchant: rupture amoureuse, divorce, perte d'un être cher… à un moment où la personne ne se sent pas capable de se retrouver face à elle-même.
J’ai repris le travail lundi dernier, le 26/11/2007, après plus de 10 mois d’absence. Car je l’ai quitté le 9 février. Hospitalisée dans la foulée pendant environ 5 mois environ. Et depuis juillet, j’étais en congé longue maladie, et congés annuels ensuite. Du coup, ce n’est que lundi dernier que j’ai fais ma grande rentrée !
C’est dur, tellement dur…. Et pour plusieurs raisons.
Déjà parce qu’il a fallu malgré l'accueil vraiment super qui m'a été réservé, faire face tout de même aux regards des collègues, interrogations de certains, commentaires d'autres... Donc au niveau du "relationnel" si je puis dire. Même si les gens et moi-même d'ailleurs avons je pense réussi à tourner la page, j'ai inévitablement lu des choses dans les yeux de certaines personnes, ressenti des émotions importantes... Et puis ma messagerie sur l’ordinateur du bureau était restée en l'état. C'est à dire, non vidée depuis le 9/02 et je suis du coup, retombée sur des messages écrits juste avant mon "départ précipité" (que je ne développerais pas à nouveau !) et surtout, sur les réponses dont je n'avais jamais pris connaissance encore... Cela m'a pas mal brassée et touchée. Bouleversée même.
Ensuite, il y a sur le plan du travail en lui-même. Pour faire un bref bilan, il faut savoir que de février à
avril, personne ne m'a remplacée (jusqu'à ce qu'ils aient la réponse de mon longue maladie en fait). Les collègues traitaient seulement quelques urgences. Ensuite, de mai à juin, une petite jeune
sous contrat, puis un emploi d'été juillet et août et enfin, une autre jeune sous contrat de septembre à novembre. Du coup, j'ai retrouvé un désordre monstre, des tonnes de choses non traitées
(ou mal), non enregistrées... Une catastrophe. Il me faut tout reprendre, essayer de retrouver, répondre aux urgences laissées en souffrance... Une charge de travail qui depuis ma reprise, ne m'a
pas laissée une seule seconde de répits ! Moi qui m'étais jurée de reprendre en douceur ! Waouh ! C'est plutôt hard ! D'autant qu'il semblerait qu'on m'attendait avec grande impatience sur le
plan du travail ! Un directeur et une responsable de service qui commencent déjà à charger la mule et me solliciter de toute part.
Il m'est aussi très difficile de rester pendant autant d'heures concentrée sur quelque chose de mental. Je n'en ai plus l'habitude. Car à la maison, je brassais pas mal, mais pas de stress lié à des obligations de concentration, réflexion longue... Et aussi, je n'arrive pas à rester mes 8 heures assise sur ma chaise. J’ai envie de bouger, faire autre chose.
Enfin, je me rends compte à quel point j'avais pris d'autres habitudes et m'étais organisée différemment pendant mon congé. De ce fait, j'arrive le soir et me sens complètement désorganisée et dans l'incapacité de tout gérer, d'assumer mes différents rôles qui s'ajoutent à ma journée de travail. Je me sens complètement perdue, avec beaucoup de mal à retrouver mes marques.
Dernier problème, le repas de midi. Il ne nous est pas possible de manger chaque jour au restaurant ou à la cafétéria. Car à deux, ça chiffre vite maintenant. Thierry lui a l'habitude de son sandwich dans une grande surface avec sa viennoiserie derrière ! Cela ne lui déplait pas en goût et ne semble pas avoir trop de conséquences sur le plan de sa santé. Pour ma part, je n'y suis pas trop favorable, du moins pas tous les jours. Du coup, j'ai du mal à trouver quelque chose de remplacement, qui puisse en + être possible de manger debout en faisant le tour d'un magasin ! Un peu galère. Et on a beau y réfléchir, pas 50 solutions. On ne peu pas emmener notre repas car pas d'endroit pour le manger et/ou le réchauffer...
Alors pour moi qui avais bien pris le rythme de mon repas complet (entrée, plat chaud équilibré, fromage, dessert et pain) et de le savourer lentement car tout mon temps le midi... Pas évident.
J’ai retrouvé également les superbes habitudes des collègues à la pause café ! Chaque
jour, la table de la cuisine au boulot est remplie de cochonneries ! Soit des tartes, soit des croissants, brioche aux pralines, aux amendes ou autre, soit des boîtes de chocolats,
des petits fours d’apéro… ! Pas un seul jour ou quelqu’un n’arrose pas quelque chose. Un jour c’est une promotion, une autre fois c’est un anniversaire, une fête, un changement de
service, une réussite à un examen, le permis de conduire du fiston (si si je vous assure ! ! Vive les fonctionnaires !), etc…
Et depuis lundi dernier, impossible d’y échapper car les gens maintenant savent. Ce qu’il m’est arrivé, ce que j’ai eu (car les choses finissent très vite par se dire et se savoir) et forcément, tout le monde sait que je suis revenue guérie comme ils le disent ! Alors ce sont des phrases du style « ah non ma Gégé, tu peux plus refuser maintenant », ou « aller, tu ne vas pas recommencer », « fais-nous plaisir », « prouve-nous que tu vas mieux » et j’en passe… J’essaie d’expliquer que la guérison ne m’empêche pas d’être obligée de faire un peu attention à ce que je mange, et que justement, cela fait même partie du « programme » de maintien de cette amélioration, mais rien à faire, les gens ne comprennent pas. Alors je cède, et participe comme tout le monde le fait à ces gavages de cochonneries quotidiens.
Mais du coup, ça y est, la balance s’en ressent (+1 kilo déjà). Et avec ce souci de repas de midi, mon alimentation est
désorganisée, non équilibrée, et je me sens inévitablement en panique car n’arrive pas à gérer les choses correctement. Un peu comme quand je suis rentrée de l’hôpital. Plus les mêmes repères,
plus les plateaux parfaitement équilibrés et savoureux tout prêts… Là, bêtise dans la matinée, repas de midi incomplet ou mangé trop
rapidement, et j’arrive le soir à 17h45 en ayant cette sensation de faim au ventre infernale ! Alors je craque sur un bout de fromage ou n’importe quoi
d’autre. Mange mal le repas du soir…
Bref, ça ne va pas du tout. J’ai l’impression d’être à nouveau dans une mauvaise gestion alimentaire et ne suis pas satisfaite. Je n’arrive pas non plus à trouver les solutions idéales qui permettraient de l’améliorer.
Un peu mal dans ma peau à nouveau aussi, à cause de ces 60 kilos. C’est idiot, mais 59, ça passe, 60, ça ne va plus ! Un peu comme les euros ! ! ! 12,99, ce n’est pas 13 ! Et pourtant, pour un centime ! Et bien là, 1000g ne change pas grand-chose à mes formes ou mon apparence, mais dans mon esprit, ça fait toute la différence. C’est une barre de + de franchie, un pallier de trop que je ne peux supporter. Le pire, c’est que j’aimerais réussir à perdre un peu de poids (DE MANIERE RAISONNEE ATTENTION ! !), mais que je n’y arrive même pas. J’ai faim, j’ai envie de manger, et tellement peur de replonger qu’il m’est impossible de mettre en place un mini régime. Alors je reste avec mon poids et tente de l’accepter malgré les arrière-pensées que j’ai.
Difficile tout de même. Très souvent, le problème refait surface et me hante.
Beaucoup de tensions et de stress aussi depuis ma reprise. Cela joue sur mon état en général. Fatigue supplémentaire, moral un peu plus bas. Normal. Mais là encore, je dois être vigilante et veiller à ne pas déraper. Me laisser à nouveau me faire prendre au piège des petites voix qui me reviennent à l’esprit, ou dépasser par certaines émotions…
C’est drôle cette sensation de ne plus voir ma lumière. Celle qui semblait tant briller quand je suis sortie de l’hôpital et depuis quelques mois. Elle m’indiquait la porte de sortie de ce terrible tunnel que constituent la maladie et mon mal-être.
Mais j’avance malgré tout. Même si je ne vois plus ma lumière et piétine. Dans le noir, mais j'avance... On verra bien vers quoi et où je me dirige... Peut-être suis-je en train de me tromper de chemin ? Et bien j'en changerais alors ! Car je me refuse à faire marche arrière pour voir là où je me suis trompée. Hors de question. Reculer me fait terriblement peur et m’angoisse tellement. Trop peur de rencontrer sur le chemin du retour, les démons qui m’ont envahie pendant si longtemps, la maladie qui m’a tellement détruite ! Je ne veux plus prendre un tel risque. J’ai trop souffert, et en subis encore aujourd’hui les conséquences.
Un exemple, j’ai dû aller en urgence un dimanche chez le dentiste de garde pour une rage de dents terrible. Il m’a fait un soin pour me soulager et a souhaité que je retourne chez mon dentiste habituel dans les plus brefs délais. Chose faite. Bilan du rendez-vous : toutes mes dents semblent très abimées et avoir profondément souffert des longs mois de carences, de maltraitance, de boulimie, de la maladie. Je dois passer une radiographie panoramique pour voir l’étendue exacte des dégâts et passer ensuite une bonne partie de l’année 2008 aux côtés de ma dentiste ! Bonne nouvelle, super !
Mes intestins ne refonctionnent toujours pas normalement et là encore, m’inquiètent de + en + car certains symptômes deviennent inquiétants.
L’ostéoporose me gagnera peut-être aussi un jour, comme me l’ont dit les médecins de l’hôpital de Lyon, car souvent des douleurs dans les os, les membres…
Bref, tout cela pour dire, redire, à quel point ces Troubles du Comportement Alimentaires sont des maladies graves, qui déciment totalement la personne qui en est atteinte, quelle qu’en soit la durée, le degré et la prise en charge qu’il puisse y avoir.
Alors bien sur, plus tôt on peut tenter de guérir, moindre seront les conséquences. Mais ce terrible mal vous ronge très vite et en profondeur, sans que vous puissiez ne rien faire, et même au-delà de ce que vous imaginez.
C’est pourquoi il faut se battre, dans un premier temps pour ne jamais se laisser emporter dans le tourbillon de cette pathologie, et si tel est le cas, pour faire tout ce qui est actuellement en pouvoir des médecins pour en sortir… Et ne jamais à nouveau la subir.
Chaque jour, encore maintenant, je me bats pour cela. Je reconstruis tout ce que la tempête a terrassé et emmené avec elle, et je tente de me protéger d’un nouveau séisme éventuel ! Je
renforce ma « bâtisse », la rend plus solide et en capacité si cela devait se produire un jour, de faire face.
Mais il y a des jours où…
J’aimerais revoir ma lumière, je crois que cela m’aiderait beaucoup. Pour cela, peut-être vais-je changer de direction. Qui sait ?
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