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Mardi 24 juillet 2007 2 24 /07 /Juil /2007 15:07

 

 

 

Au jour d’aujourd’hui, je continue de bien aller. J’arrive à maintenir mes 3 repas équilibrés et complets par jour, en y introduisant n’importe quel aliment et respectant les consignes données lors de mon hospitalisation. Je suis heureuse de pouvoir partager à nouveau chacun des petits-déjeuners, dîners et soupers avec mon p’tit monde et d’apprécier ce que je mange, de savourer, de me faire plaisir et de vivre ces instants non plus dans la torture mais avec plaisir. Nous allons de temps à autre au restaurant avec Thierry, chose que là encore j’apprécie maintenant, ou à la cafétéria avec les enfants. Plus de gêne à passer en caisse avec mon saladier de salade verte sans sauce et mon yaourt 0% et à devoir répondre à la question systématique de la caissière « quel est le plat chaud ? » : « Il n’y en a pas » !

 Je suis vraiment contente de constater qu’il semblerait que je ne sois pas partie tout ce temps hospitalisée pour rien. Mes efforts, le travail que j’ai accepté de faire, et surtout, mon acharnement à vouloir m’en sortir,  auraient apparemment payés.  

 

 

Néanmoins, je parle au conditionnel et reste très prudente. Je ne veux pas crier victoire trop tôt, car je sens bien au fond de moi que nombreuses batailles sont gagnées, mais pas la guerre ! Pas encore. Les petites voix de la maladie sont encore là, et certains de ses symptômes se manifestent parfois encore.

Par exemple, actuellement, malgré les repas équilibrés que je fais et aucun grignotage ou dérapage entre, mon poids n’arrive toujours pas à se stabiliser. Telle une machine infernale qui s’emballe, il augmente, augmente, augmente encore… Résultat, la balance affiche maintenant 58 kilos ! Je vais presque être plus forte qu’avant la maladie ! Et bien lorsque je me pèse, j’entends à nouveau ces mots qui résonnent dans mes oreilles, du style «tu vois, il faut que tu arrêtes de manger, tu deviens énorme, il faut remaigrir, tu étais mieux à 40 kilos… ». Ou à l’inverse, il arrive après un repas que mon estomac ne semble pas encore repu et que mon esprit aurait envie de me pousser à manger encore, encore plus, et même à… déraper. L’envie de finir par quelque chose de plus sucré, de plus copieux… Je repense alors au kilo de pâtes que je me faisais cuire et avalais sans faim, aux quiches tout juste sorties du congélateur… Aux crises de boulimie quoi ! Je sens qu’il ne faudrait pas grand-chose parfois pour sortir le paquet de pains au lait et me laisser emporter dans le tourbillon infernal de la crise.

 

 

 

 

  Mais je ne laisse pas ces démons envahir mon esprit, je mets en œuvre ce que l’on m’a appris pour résister et je lutte. Plus fort que jamais pour ne pas les laisser reprendre possession de mon corps et surtout, rediriger ma vie, me détruire à nouveau. J’ai trop gagné depuis 3 mois pour prendre le risque de tout perdre à nouveau. Je ne veux plus jamais revenir en arrière, jamais. Et pour cela, je préfère encore que ma balance me fasse froid dans le dos et qu’un pantalon 40 coince au niveau de mes hanches ! Je préfère encore accepter cela, plutôt que de souffrir à nouveau comme j’ai pu le faire et revivre l’enfer dans lequel j’étais plongée.  

 

 

D’autant que tout les gens qui m’entourent ne cessent de me répéter que je suis bien ainsi (tenez, une petite photo de moi aujourd'hui !),  

 

et qu’enfin je vis à nouveau, j’ai le sourire, je me sens bien, je suis gaie, heureuse.  Je vis. Ou plutôt… je revis. Rien ne peut valoir plus à mes yeux que tout cela, ce bonheur retrouvé. Et je ferai tout pour qu'il ne puisse m'échapper.  

 

Par Justine - Publié dans : Archives 01 à 12/2007
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Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /Juil /2007 09:38

 

 

Le 5 avril dernier, je suis partie pour tenter d’aller décrocher la lune… Je ne sais pas si je suis revenue avec ! Et d’ailleurs était-ce vraiment ce que l’on attendait de moi ? Tout ce que je sais, c’est que j’ai ramené beaucoup de soleil.  Dans mon cœur, dans ma vie et dans ceux de mes proches.

 

 

 

 

Je sais aussi que mes ailes vont bientôt me permettre de repartir. Loin, très loin… Et je continue à me battre pour cela.

 

 

Par Justine - Publié dans : Archives 01 à 12/2007
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Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /Juil /2007 16:10

J'avais juste envie de faire partager mes émotions, exprimer ce que je ressens et crier combien je suis heureuse !

Oui. Heureuse !

Je me sens bien, je n'ai mal nulle part, je ne souffre pas psychologiquement, je ne suis pas dans l'intellectualisation constante, je ne suis plus dans l'obession de la nourriture, des calories, je ne pense plus aux crises, à vomir ou à ne pas manger...

Je continue mes 3 repas par jour avec tout mon p'tit monde, j'apprécie à nouveau de manger, je retrouve le goût, les saveurs, le bonheur de partager un moment agréable et de complicité que peut être un repas avec d'autres...

Alors d'accord, je pèse 56 kilos, je dois remettre du 40 au lieu du 36 et j'ai de jolies formes plein partout. Et alors ? Quelle importance du moment que j'ai enfin la sensation de revivre et d'être à nouveau heureuse ?

Mes ailes sont de plus en plus solides. Ca y est, je vais pouvoir m'envoler à nouveau, croquer la vie à pleines dents, profiter, sourire, rire, VIVRE !

Oui, viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiivre ! Re-viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiivre.

 

 

 

Par Justine - Publié dans : Archives 01 à 12/2007
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Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /Juil /2007 15:34

NON L'ANOREXIE N'EST PAS UN STYLE DE VIE


Depuis quelques temps, les médias nous plongent dans l'univers d'une certaine communauté qui se donne le nom de PRO- ANOREXIE
L'anorexie serait un style de vie pour être belle, être au top et j'en passe...

Vous avez 15 ans, 16 ans voir moins, vous visitez ces blogs ou sites, et bien c'est votre passeport pour l'enfer, vous avez plus de chance de finir entre quatre planches ou à l'inverse boulimiques que sur un podium à afficher cette pseudo beauté car les conseils que l'on vous donne sont ni plus ni moins que les étapes pour votre suicide à petit feu.

L'anorexie n'est pas une mode encore moins un modèle de perfection, c'est avant tout une maladie qui tue, qui enferme qui détruit tout, vous en premier!
Il faut arrêter de croire que des mannequins squelettique représentent la beauté actuelle, ces filles n'ont que la peau sur les os, elles sont à la merci des dictâtes de la mode imposée par les créateurs qui se moquent de savoir dans quel état psychologique sont ces filles.

Commencez donc pas lire les conséquences de la malnutrition et imaginez vous avec une bonne partie de ces problèmes, pensez-vous vraiment que vous serez un modèle de beauté, de perfection?

Attention l'anorexie n'a rien d'un paradis (Article de Vittoria Pazalle pour l'association Anorcri)


Depuis quelque temps, certaines jeunes personnes semblent croire que l'anorexie mentale est un état paradisiaque. Certes l'on peut s'habiller dans de petites tailles comme les mannequins des magazines et défilés, mais sachez bien qu'une personne anorexique, sous une apparence solide et déterminée, est avant tout un être qui souffre énormément.

Plus spécifiquement, être anorexique, c'est notamment connaître :

1) de nombreux troubles physiques avec :

· des soucis de santé qui peuvent avoir des conséquences graves : carences multiples ; aménorrhée ; troubles cardiaques, de la tension, de la circulation et du sommeil ; constipation ; décalcification ; œdèmes ; insomnie ; crampes ; perte de concentration, de mémoire et des cheveux ; pilosité accrue, vergetures, absence de libido (pour en savoir davantage :
http://www.anorcri.com/index/risques.php),

· une peur de ce qui représente l'âge adulte (ainsi pour les filles le désir de voir disparaître seins, ventre, hanches, cuisses ou postérieur n’est certainement pas le fruit du hasard), tant et si bien que l'on finit plus ou moins par régresser vers un stade "asexué" ;

· un dégoût de tout ce qui est corporel et instinctif (dont la faim et la fatigue qui sont totalement méprisées) à force d'efforts incessants pour parvenir à un idéal qui finit par se transformer en un seuil de poids toujours plus bas allant jusqu'à un IMC inférieur à 17,5. Face à une quête de perfection, le corps devient alors telle une prison et un fardeau. A force de contrôle drastique, on finit par toujours le trouver trop gros, puis finalement de trop ;

· même les démonstrations affectives, qui sont pourtant si réconfortantes, sont rejetées tant on a peur du moindre abandon et de perdre la face ;

· quant au plaisir et désirs, à l'idée du laisser-aller qu'ils déchaînent, autant dire que ce sont d'énormes tabous et notions bannies catégoriquement de sa vie ;

2) une perturbation mentale déchirante avec :

· un cercle vicieux de mécanismes mentaux dévalorisants à cause d'une quête aliénante d'idéal et de pureté qui finit malheureusement par devenir, sans même que l'on s'en aperçoive, de l'autodestruction ;

· un rejet de tout ce qui est émotionnel par désir de tout maîtriser faisant que l'on est perçu comme une personne froide, indifférente et insensible (alors que l'on souhaite juste être à la hauteur pour masquer un grand sentiment d'insécurité) ;

· une tristesse et une détresse qui deviennent chroniques avec idées négatives persistantes, puis même un état dépressif avec perte d'intérêts générale tant on tombe dans le désespoir et l'épuisement ;

3) des troubles relationnels entraînant une solitude profonde avec :

· une coupure progressive des autres à commencer par un évitement de sa propre famille et de ses proches durant les repas et invitations (pourtant généralement moments de retrouvailles, discussions et partages) par peur de manger ;

· le recours aux cachotteries et mensonges divers et variés même aux gens à qui l'on tient (engendrant une culpabilité qui mortifie davantage) pour tout simplement ne pas avoir rendre de compte à qui que ce soit ;

· un repli sur soi par manque de confiance en soi et estime de soi, peur des autres et sentiment d'un moi vulnérable qui se sent étouffé et trop dépendant de son entourage (qui peuvent un certain temps être masqués par certaines compétences scolaires ou professionnelles) ;

· une impossibilité de communiquer, voire un certain mutisme à cause non seulement d'une réelle impossibilité de comprendre ce que l'on ressent et de parler de son intimité (que l'on trouve indécent), mais aussi le sentiment d'être trop souvent incompris ;

· une hyperactivité, de l'irritabilité et des manies difficilement conciliables avec une certaine sociabilité respectivement à cause de ces besoins obsessionnels de se dépenser pour éliminer et de calmer son anxiété.


SINCÈREMENT, QUI PEUT SOUHAITER VIVRE TOUT CELA… DANS SA CHAIR ET DANS SON SANG ?

Qui peut vouloir que sa vie ne soit essentiellement que dégoûts, obsessions, frustrations ainsi que nombreux conflits psychologiques dont blocages, refoulements et multiples angoisses exténuantes.

Sachez que même si l'on paraît très calme, dynamique, performant et capable de dominer sa faim (je tiens à préciser que ce que beaucoup pourraient envier en pensant que c'est une grande force de caractère n'est que le résultat d'horribles tiraillements entre la peur d'engraisser en prenant des formes et une très grande culpabilité), cette apparence n'est qu'un leurre par rapport à ce que l'on vit en son for intérieur. Le semblant de triomphe, bien-être et grande maîtrise du début devient très vite un enfer dans lequel on aimerait tant sortir pour se sentir de nouveau "vivant".

On ne le dira jamais assez, l'anorexie mentale est un engrenage funeste dans lequel on tombe, sans même en avoir conscience, qui peut conduire jusqu'à la dépression avec des angoisses si nombreuses que l'on ne trouve plus de répit, une débâche familiale et sentimentale, une vie relationnelle réduite pratiquement à néant, voire même la mort à force de dénutrition (environ 7 % de décès).

Par conséquent, surtout réfléchissez bien car une anorexie "active", soit par choix, peut se transformer en anorexie "passive" en ne contrôlant absolument plus rien.

Par expérience, je me permets donc d'insister car en désirant consciemment devenir anorexique sous prétexte de vouloir ressembler à certains idéaux, la vie revient un jour ou l'autre a un corps nié avec un mental hyperdominant et destructeur. Ce rêve se paie très cher car l'on finit complètement dépassé en s'autodétruisant irrémédiablement à petit feu.

Or le bonheur ce n'est pas être un portemanteau de vêtements à la mode, c'est avant tout être en accord avec soi-même avec toutes ses composantes dont son corps, son intellect et son affectif en apprenant notamment à s'accepter, s'écouter, se respecter et s'aimer ; aspects que l'anorexie anesthésie totalement.

Par extension, dans un monde qui se targue d'aller vers l'ouverture et la diversité ainsi que l'amélioration du niveau de vie et de la santé, on peut se poser des questions sur l'image médiatique de la femme parfaite qui revient de plus en plus à une norme unique, soit la jeunesse (alors que l'espérance de vie s'accroît), la minceur (impliquant de nombreuses privations et une sous-alimentation dans des pays pourtant de profusion), voire une certaine androgynie (alors que nous sommes supposés nous diriger vers une libération de la femme).

Ou encore, n'est-il pas également inquiétant de voir dans les pays développés de plus en plus de petites filles de moins de 10 ans se trouvant déjà trop grosses et souhaitant perdre du poids à un âge où elles devraient encore penser aux poupées, aimer lire des contes de fées ou rêver de belles robes de princesse ?

Vittoria Pazalle


Son site
Son témoignage
Association Anorcri "Anorexie, Boulimie"

Par Justine - Publié dans : Anorexie
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Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /Juil /2007 14:00

Pr Jeammet: "La mode valorise l'anorexie"

Propos recueillis par MARTINE PEREZ.
 Publié le 24 janvier 2007

Alors qu'un nombre croissant de pays envisagent de réglementer le poids des mannequins, Philippe Jeammet, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'université Paris-V, coauteur d'un ouvrage récent sur ce sujet (1), estime dans un entretien au « Figaro » que les mannequins maigres ne créent pas l'anorexie mais la facilitent. 

 
LE FIGARO. - Faut-il réglementer le poids des mannequins ?
 
Philippe JEAMMET. - Il y a une dizaine d'années, j'aurais trouvé cela excessif. Ce n'est pas la mode qui crée l'anorexie. La mode contribue à faciliter cette forme d'expression chez des sujets vulnérables, à la justifier et à contribuer à son autoentretien, puisqu'elle est socialement valorisée. Si l'on ne choisit pas d'être anorexique, certains facteurs de l'environnement social en facilitent l'expression. Les mannequins représentent une image en miroir. C'est bien que l'on tape du poing sur la table et que l'on cesse de valoriser les mannequins qui ont une maigreur excessive. Cela permet de poser une limite au plan social. C'est une manière de dire qu'il est anormal et malsain d'être maigre. Mais l'anorexie n'est pas créée par la mode. Elle a d'ailleurs été identifiée dès 1874 par des médecins français et anglais (Lassègue et Gull), alors que les canons de la beauté étaient plutôt les femmes enveloppées. L'anorexie n'est pas un choix, c'est la peur de ne plus pouvoir s'arrêter de manger.
 
Y a-t-il de plus en plus d'anorexiques aujourd'hui ?
 
Les grandes anorexies qui concernent environ 0,5 % des adolescentes restent stables. Ce qui a augmenté au cours des vingt dernières années, ce sont les formes associées à la boulimie, dans lesquelles les facteurs de vulnérabilité biologico-génétiques sont plus faibles. De plus en plus de jeunes filles sont concernées - environ 5 à 6 %. En réalité, elles supportent mal l'anorexie et basculent vers la boulimie, avec prises alimentaires excessives suivies de vomissements. Elles souffrent aussi souvent de troubles obsessionnels compulsifs et de syndromes dépressifs. Il est très difficile de prédire au départ, face à un début d'anorexie, celles qui vont s'enfermer dans des comportements anorexiques graves. Il faut être très vigilant d'emblée. 
 
Pourquoi y en a-t-il de plus en plus ?
 
Du fait d'une tolérance globale accrue, il y a de moins en moins besoin de transgresser les règles - notamment sexuelles - pour les adolescents. Nous vivons sous le règne du relativisme généralisé. Tout se vaut. Cette « absence » de règles à transgresser laisse un vide. Pour être visible, pour être vu, il faut être extravagant, aller plus loin, y compris dans la maigreur. L'anorexie, c'est une sorte de fuite en avant dans la mise en scène, pour être remarqué. Les difficultés de trouver des repères s'expriment de la même façon dans certaines formes de violences gratuites. L'excès pour l'excès. 
 
Que doivent faire les parents ?
 
On ne doit pas laisser un enfant s'enfermer dans un comportement autodestructeur. On doit se battre pour qu'il abandonne les attitudes nocives pour lui. À trop vouloir comprendre l'adolescent, on finit par l'abandonner à ses peurs et à ses émotions. Si on laisse l'anorexie s'installer, elle deviendra de plus en plus difficile à gérer, avec le risque de chronicité. Ce qui est en jeu n'est pas seulement le poids. Bien sûr, la jeune fille est maigre, avec la peau sur les os, mais il y a aussi un rétrécissement de l'ensemble des intérêts de la vie. Tout tourne autour de l'alimentation dans le cadre d'un vécu persécutif, souvent associé à une phobie sociale. Il y a là une fixation sur le poids qui n'est pas apparemment choisie et qui est triste par rapport aux potentialités. La mortalité des jeunes anorexiques est multipliée par trois par rapport à la population du même âge. Ce sont des jeunes filles qui ne sont jamais malades, hyperactives et qui dans quelques cas peuvent être foudroyées par des infections. Les parents sont en général désemparés. Une règle doit les guider : on ne doit pas laisser un enfant ne pas se nourrir, s'appauvrir socialement, se fermer aux échanges. On pose des limites, on essaye de comprendre, on prend rendez-vous avec des médecins, avec des spécialistes. L'enfermement dans l'anorexie a la même puissance que l'enfermement dans une drogue.
 

 
Comment prendre en charge, schématiquement, cette maladie déroutante ?
 
D'abord, traiter les symptômes, c'est-à-dire la perte de poids, afin de retrouver un poids normal. Des techniques comportementales, des conseils diététiques, des stratégies d'accompagnement existent. Un soutien psychologique est aussi nécessaire pour comprendre d'où vient cette peur de manger. Elle peut s'expliquer par le contraste entre une grande ambition et une dépendance face au regard des autres, un manque de confiance qui rend susceptible à la déception, à la critique... Il y a là le paradoxe d'une demande affective importante mais difficile à accepter par crainte de la dépendance. Il faut enfin travailler avec la famille qui doit être garante de la continuité du traitement. L'hospitalisation, nécessaire dans un tiers des cas, n'est pas forcément synonyme de gravité. La durée de la prise en charge varie, même si la maladie évolue en moyenne entre trois et cinq ans. Il faut bien redire que l'anorexie n'est pas un choix, mais une contrainte liée à la peur. La fermeté de la famille, celle des médecins sont rassurantes pour la jeune fille.
  
Peut-on prévenir l'anorexie ?
 
Il n'y a pas de règles simples. Mais, par exemple, le fait de faire des repas familiaux partagés est un facteur important dans la vie des enfants, alors que la tendance actuelle, c'est d'avaler quelques bouchées rapidement. Certaines familles, lorsque l'anxiété et les contraintes dominent systématiquement sur le plaisir, peuvent constituer un environnement favorisant. Par ailleurs, on parle beaucoup des graisses, des sucres, mais réfléchissons aussi à la dimension psychologique de l'alimentation. Enfin, ce problème tourne aussi autour de l'inquiétude humaine qui s'interroge en permanence sur « comment être bien ? ». On se passe maintenant des repères religieux ancestraux du « bien ». On les a remplacés par ceux du paraître, de la performance physique ou scolaire. Mais l'homme a besoin de valeurs, car il a conscience de lui.
 
 
(1) Soigner l'anorexie et la boulimie, des psychanalystes à l'hôpital, Élisabeth Birot, Catherine Chabert, Philippe Jeammet, PUF.
Par Justine - Publié dans : Anorexie
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