J'ai perdu mon sourire, j'ai perdu mon visage, tel un oiseau aux ailes brisées..., qui à chaque fois qu'il essaie de prendre un nouvel envol, retombe sur le sol

Juste un petit post à l'attention de Xena00 :
"Bonjour,
et merci vraiment, pour ta fidélité sur mon blog, tes messages de soutien et commentaires laissés, ton aide, ta gentillesse et tant de choses encore...
J'aimerais pouvoir t'aider autant, te permettre d'aller de l'avant et que tu puisses connaître enfin un peu d'apaisement...
Pour cela, je souhaiterais dans un 1er temps pouvoir dialoguer d'avantage avec toi, si tu es d'accord bien sur, et si tu acceptes de m'envoyer ton adresse mail à :
Dans cette attente, je t'envoie plein de bonnes choses et t'embrasse bien amicalement"
Une fois de plus, je vais relever un de ceux-ci et le mettre dans mon blog, pour qui soit lu par d’autre, et relu… Car toutes ces choses que Vittoria a faites, pour la plupart, je les ai moi-même mises en œuvre et je peux vous garantir qu’elles sont une aide précieuse pour ouvrir la porte qui peux mener à une éventuelle guérison.
« Pour me soigner, j'ai fait les choses suivantes :
1. Je tenais un journal intime (un prolongement du fameux "carnet alimentaire" dans le cadre de la thérapie des TCA (Troubles du Comportement Alimentaire)) dans lequel je m'épanchais avidement. N'ayant pu m'exprimer dans ma propre famille et n'ayant jamais vraiment eu d'ami(e)s dans mon enfance, ce journal était une vraie bouée de sauvetage, comme un moyen de décompression et un début de discussion avec moi-même.
2. Défi : Auparavant, partagée entre mon ego très tyrannique et la honte, je pensais pouvoir m'en sortir seule. Donc, effectivement, prendre la décision d'entreprendre une thérapie était un véritable défi, plus spécifiquement en osant demander de l'aide à autrui.
Quant à l'espoir : avant j'étais totalement désespérée. Je partais de loin car je n'avais ni confiance en moi, ni aucune estime de moi-même. Grâce à la thérapie, j'ai notamment appris à relativiser et à ne plus vouloir être parfaite. Avec le temps, l'espoir est venu et la guérison me semblait alors de plus en plus à ma portée.
3. M'écouter : j'ai passé mes 30 premières années à tout étouffer et refouler. Je m'étais en quelque sorte déconnectée de mes émotions car elles me faisaient trop souffrir, surtout dans les rapports humains. J'ai été élevée avec l'idée qu'une gentille fille devait toujours être disponible pour les autres et que s'occuper de soi était de l'égoïsme. En me faisant soigner, contrairement à ce que je croyais, j'ai appris que m'écouter n'était ni de la pédanterie ni du nombrilisme, mais tout simplement un besoin fondamental pour être enfin en phase avec moi-même.
4. Prendre du temps : Autant dire que je ne "profitais" de rien. J'étais dans l'idée d'être toujours performante et efficace. Dans le cadre des TCA, le temps est occupé par l'obsession du poids, de l'apparence (notamment un corps idéal avec une forte tendance à effacer sa féminité) et le désir viscéral d'être parfaite. A la fin, j'étais 2 personnes à la fois : en public la gentille Vittoria, puis la Vittoria qui, lorsqu'elle rentrait chez elle, s'effondrait, complètement déprimée à force de porter un masque. Ainsi je suis passée de l'idée de prendre du temps, synonyme de paresse et de faiblesse engendrant systématiquement un fort sentiment de culpabilité face à l'idée d'abandon (en effet je voulais TOUT contrôler), à un droit tout à fait normal et sain pour mon équilibre.
5. Créer : En écrivant dans mon journal intime, j'ai créé. J'ai pu ainsi apprendre à prendre de la distance par rapport à mes diverses souffrances. Par conséquent, en écrivant mon parcours dans un livre, j'ai transformé les sentiments d'échec, solitude, vide et destruction en défi, sentiment d'être "pleine", d'exister, de me construire et de renaître. Par ailleurs, en rajoutant mes propres dessins dans mon livre, j’ai même eu l’occasion de retrouver une partie de mon imaginaire d’enfant que j’avais totalement oublié. (cf. couverture)
6. Me réaliser : Le fait de publier mon journal me permet de me réaliser en effet. Plus précisément, je suis passée à l'idée que "je n'avais rien d'intéressant à dire (car je me sentais nulle et fade)" à "si, il faut essayer et tenter de dire tout fort ce que certaines personnes gardent au fond d'elles et qui les fait tant souffrir tant elles culpabilisent". Ainsi, si après la lecture de mon parcours, certaines personnes comprennent enfin qu'elle ne sont pas anormales ou des monstres, et qu'elles osent alors consulter un thérapeute spécialisé pour tenter de sortir de l'engrenage infernal des TCA, je serais ravie. J'aurais atteint l'un de mes buts : apporter de l'espoir.
7. La thérapie "de groupe" et les groupes d'entraide m'ont aidé à sortir de ma solitude implacable. Avant j'avais terriblement honte de moi et je pensais ne rien avoir à apporter à qui que ce soit. J'étais totalement repliée sur moi-même. Grâce aux groupes, je me sentais enfin "humaine" et "vivante" car j'osais alors nouer des liens avec des personnes.
8. Exercices : J'ai fait plus précisément des exercices sur l'image du corps et les contacts. C'est ainsi que j'ai découvert que j'étais déstructurée depuis l'enfance suite en partie à une vie affective très pauvre dont des contacts physiques difficiles et très peu de marques de tendresse. Quant aux sports, j'en ai fait pour apprendre à me situer par rapport à l'espace tant j'étais bloquée. Tout ceci a été une vraie renaissance car j'ai énormément appris sur le corps. Avec les TCA, je le vivais comme un boulet avec uniquement des défauts (peur de grossir et de devenir molle, mauvaises odeurs, salives, sang, sensations désagréables comme la douleur, brusquerie, etc...). Et avec la thérapie, j'ai compris qu'il faisait partie de moi, et même d'un tout (corps, esprit, coeur) et qu'il offrait également de multiples capacités plus qu'appréciables (bonnes odeurs, odeurs d'un proche, touchers, caresses, etc...).
9. Alimentation : C'était un cocktail dégoût/attirance pendant des années et j'ai dû véritablement réapprendre à m'alimenter correctement sans cette fameuse dictature des "calories" et surtout sans cette culpabilité typique des TCA. Avec le temps, j'ai compris que bien m'alimenter est un droit, et c'est même devenu un plaisir.
10. et 11. : Récupération et stress : A travers mon histoire, je suis passée d'une vie uniquement régie en fonction de l'approbation d'autrui (famille, supérieurs hiérarchiques, collègues, voisins...) à une véritable quête d'autonomie. Grâce à une thérapie, j'ai pris conscience du fait que j'avais tout à fait le droit à des moments privilégiés rien pour moi que je cultive régulièrement et tout particulièrement (nourritures intellectuelles, physiques et affectives).
Vittoria Pazalle »
Depuis dimanche, je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. L’impression de ne pas me sentir très bien, être mal physiquement (fatiguée, tendue, mal partout…), le moral à ras les pâquerettes, pleine d’interrogations et une légère angoisse qui semble s’installée !
Aie ! Un petit passage à vide ?
Certainement. Comme tout le monde je pense. Ce n’est pas parce que l’on se sort de quelque chose, que l’on va mieux, que l’on est « guéri », que l’on n’a pas le droit à des jours plus tristes ou moins biens, des coups de cafard ou des moments de faiblesse. Ou mêmes quelques légers échecs en rapport à la maladie. Je dirais même que c’est inévitable et qu’il ne faut pas pour autant dramatiser ou se focaliser dessus.
Ce qui m’ennuie, c’est que j’ai la sensation de ne plus voir ma lumière. Celle qui était là, si proche, au bout de ce terrible tunnel dans lequel je suis si longtemps restée. Je la voyais et chaque jour je continuais d’avancer dans sa direction. Je courais vers elle pour atteindre définitivement la porte de sortie qu’elle représente.
Mais ce soir, il fait si sombre. Tout noir même.
Me serais-je subitement perdue ? Trompée de chemin ? Aurais-je fait demi-tour sans m’en apercevoir et donc, serais-je dos à ma lumière ?
Oh non ! Impossible. Parce que je ne le veux pas. Hors de question d’un retour en arrière… Alors je vais faire en sorte de ne pas me poser d’avantage de questions ce soir et demain, je réagirai, je mettrai toute mon énergie à me remettre dans la bonne position pour revoir le ciel bleu qui semblait si proche et recommencer à avancer vers cela. Suivre ce chemin qui me menait vers un quotidien tellement plus agréable, ce bonheur retrouvé, cette envie de vivre et de continuer…
C’est drôle, de tomber sur cet article. Ecrit par une canadienne et qui se nomme Stéphanie Bérubé. Un petit clin d’œil à ceux qui comprendront pourquoi je suis d’autant plus émue à la lecture de cet article, très intéressant…
Et j’aimerais tellement qu’en France également, quelqu’un puisse écrire un tel article…
Car je suis convaincue qu’effectivement, les Troubles du Comportement Alimentaire ne peuvent plus être considérés uniquement comme des maux d’adolescente.
Troubles alimentaires: des femmes mûres dans le piège
De Stéphanie Bérubé / Le dimanche 02 sept 2007
Kelly Smith, 39 ans, a dû consulter un médecin pour vaincre son anorexie. Photo Mel Evans, AP
« La Presse
Les troubles alimentaires ne peuvent plus être considérés comme des maux d'adolescentes. Le nombre de femmes mûres qui en souffrent est en hausse en Amérique. Et l'anorexie, le plus meurtrier de ces troubles, ne les épargne pas.
-Nous voyons une nette augmentation du nombre de femmes plus âgées dans nos cliniques-, constate Cynthia Bulik, directrice du programme des troubles alimentaires de l'Université de Caroline du Nord. Selon cette sommité mondiale dans le domaine, il manque cruellement de données sur les cas adultes.
Opinion partagée par l'ensemble des intervenants internationaux, dont Tania Lemoine, fondatrice de la clinique montréalaise Baca. Dans son bureau de consultation, rue Sherbrooke, Tania Lemoine a une bibliothèque bien garnie. Des dizaines et des dizaines d'ouvrages de références sur les troubles alimentaires. -Mais aucun qui ne s'intéresse spécifiquement à l'anorexie après 35 ans-, déplore-t-elle.
Plus de neuf patients sur 10 aux prises avec des troubles alimentaires sont des femmes. La majorité des patientes traitées à l'âge adulte traînent le problème depuis l'adolescence. Une partie d'entre elles ont néanmoins développé des troubles plus tard. À la suite des stress de la vie: une séparation difficile, des problèmes d'ordre professionnels, les défis de la vie de famille.
Selon Tania Lemoine, il ne faut pas s'étonner de voir tant de femmes développer une anorexie à l'âge adulte, alors qu'elles ont carrière et famille. -Il y a un niveau d'anxiété extrêmement élevé dans la société présentement, dit-elle. Or anxiété et troubles alimentaires vont main dans la main.- D'autant, poursuit-elle, que la nourriture est omniprésente dans le quotidien maintenant.
On voit alors des femmes mures très intéressées par la nourriture et très préoccupées par leur poids. Elles se pèsent tous les jours, font des régimes, craignent comme la peste que leurs enfants deviennent obèses, vérifient les repas en famille. Elles ne sont pas obsédées, jusqu'au jour où survient une épreuve dans leur vie. Elles perdront alors le contrôle.
Toujours plus jeune, toujours plus mince
L'environnement social est très important dans le développement de troubles comme l'anorexie. -Avez-vous déjà entendu cette expression récente qui dit que 40 ans est le nouveau 30 ans?-, demande la Dre Anne Becker, directrice de la clinique des troubles alimentaires du Harvard Medical School de Boston. Justement, explique-t-elle, les femmes sont plus nombreuses à avoir recours à des traitements antivieillissement. Il ne faut pas s'étonner de voir aujourd'hui des femmes en préménopause réagir fortement à des changements corporels auxquels elles ne peuvent rien.-"Comme une adolescente pourrait réagir à la puberté-, compare la Dre Becker.
Selon le Dr Howard Steiger, de l'Institut Douglas de Montréal, les pressions sociales sur les femmes ne cessent pas à la fin de l'adolescence. -On voit plus de femmes de 40 ans ou 50 ans dans les gym qu'on en voyait il y a quelques années-, note-t-il.
L'Institut Douglas, qui est le centre de référence en troubles alimentaires chez les adultes au Québec, n'a pas assez de places pour répondre à toutes les demandes. -Il y a une croissance des troubles alimentaires en général, confirme le Dr Howard Steiger. La croissance est toutefois nettement plus marquée dans le cas de la boulimie. Pour l'anorexie, la croissance est là, mais moins marquée.
Sa collègue américaine Anne Becker croit que les patientes adultes forment tout de même une «population invisible» pour la médecine.-«Les anorexiques sont maigres, explique-t-elle. Un médecin qui rencontre une patiente atteinte peut le déceler. Mais dans le cas de la boulimie, il peut ne pas y avoir de symptômes physiques chez les femmes plus âgées. Les praticiens n'ont pas encore le réflexe de poser des questions à ce sujet.
Aux États-Unis, depuis 30 ans, le nombre de femmes avec des problèmes de comportement alimentaire a doublé. Officiellement, le Département américain de la Santé estime qu'au moins cinq millions de femmes ont des troubles alimentaires. D'autres organisations considèrent que pour un cas déclaré, il y en a un autre qui se vit anonymement.
Les troubles alimentaires chez les adultes ont ceci de particulier: ils peuvent passer inaperçus. Surtout chez les personnes qui vivent seules. Une femme peut manger un excellent lunch santé entre amies, le midi. Ses collègues ne sauront jamais que c'est son unique repas de la journée. Les anorexiques limitent les repas pris en public, elles refuseront une invitation à souper avec des amis plutôt que de devoir trop manger selon leurs critères.
Le tueur silencieux
Lorsqu'elles réalisent, et admettent, qu'elles ont un problème grave, plusieurs femmes tardent à s'engager dans une thérapie. Précisément parce que l'anorexie est considérée comme une maladie d'adolescentes.
Le Dr Steiger croit toutefois que les femmes qui vont au Douglas ont fait un bon bout de chemin. -Ces femmes veulent s'en sortir, dit-il. Alors que les adolescentes qui ont été traînées chez le médecin par leurs mères sont plutôt en déni.- Les spécialistes s'entendent à dire que le taux de réussite est toutefois plus bas chez les adultes souffrant d'anorexie.
Les deux tiers des femmes qui souffrent d'anorexie nerveuse vont tout de même s'en sortir, et développer un meilleur comportement alimentaire. De ce groupe, une bonne partie va guérir complètement.
Une personne sur cinq qui a souffert d'anorexie ne s'en sortira jamais et, de ce triste groupe, 5% en mourront. Surtout chez des gens qui ne sont pas traités. De tous les troubles psychologiques, l'anorexie est le plus meurtrier.
Pour plus d'informations et de ressources, consultez le site www.lanorexiesesoigne.com lancé par l'Institut Douglas en parallèle à une importante campagne de sensibilisation. »
En cette période un peu difficile pour tout le monde, qu’est l’automne… avec ses jours qui se raccourcissent, son changement d’heure, sa toussaint, sa grisaille et le froid qui s’installent, et toutes ses autres choses qui font d’elles une saison toujours un peu dure à traverser…
J’avais envie d’envoyer un peu de chaleur et de bonnes choses à tous ceux et celles que je connais au travers de ce blog.
A toi Xena (céline) qui semble de nouveau rechuter dans la maladie et que j’aimerais tant enfin voir aller vers la guérison, aller mieux,
A toi Juliette, que je n’oublie pas et dont je regarde régulièrment tes nouveaux posts, en espérant également un jour que du positif au travers de ceux-ci,
A toi Snow, dont je n’ai plus beaucoup de nouvelles, mais souhaite du fond du cœur que les derniers articles positifs que tu écrivais continuent d’être d’actualité,
A Carla, Trinity, Aurore, Angélique (Lyla), et toutes les autres… Aux personnes qui sont venus si souvent consulter ou lire mes articles, et qui continuent peut-être de le faire,
A tous ceux et toutes celles qui malheureusement vivent encore dans l’enfer des Troubles du Comportement Alimentaire,
Et surtout, à Fly, qui sait très bien toutes les pensées que j’ai pour elle en ce moment,
J’envoie… plein de soleil et de ciel bleu, d’ondes positives, de lumière, d’espoir, de tendresse, de soutien, des bisous, un arc en ciel de douces choses et tout le meilleur possible que j’aimerais qu’il puisse vous arriver.
Pour ma part je vais bien, vraiment. Et jamais je ne cesserais de répéter combien je suis heureuse d’avoir franchi le pas, ce 05/04/2007, d’accepter mon hospitalisation. Le seul regret que je garderais toute ma vie, c’est de ne pas avoir accepté cette alternative plus tôt, comme on me l’avait si souvent conseillé. Je repoussais cette solution, car je refusais catégoriquement de laisser mon mari, mes 4 enfants, les gens que j’aime, ma maison, mon boulot, mon quotidien…
Mais aujourd’hui, je me dis qu’il faut parfois être contraint d’être égoïste et de tout laisser, quelles qu’en soient les souffrances, pour en fin de compte, se préserver. Et même, sauver sa propre vie.
J’aurais peut-être pu m’éviter des mois de souffrances atroces, que je ne souhaite pas décrire à nouveau, tellement cela a été éprouvant et difficile à vivre.
Je veux ne rester que sur cette note positive… qui est mon dynamisme retrouvé d’aujourd’hui, le plaisir de remanger normalement et être à nouveau comme « tout le monde », ma joie, mon goût de vivre et tout ce qui l’accompagne.
Ce sourire que j’avais perdu et qui m’avait été volé par la maladie… je crois l’avoir enfin retrouvé.
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