Archives 10 à 12/2006

Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /Déc /2006 13:36

Elles sont souvent très jolies les photos de noël, et les personnes semblent toujours très heureuses dessus ! Certainement parce que c'est un moment féérique et un peu magique, et que pour cette occasion toute particulière, les personnes sortent leur plus beau masque du sourire et du "j'ai l'air content" ! Histoire de ne pas trop perturber la célèbre rencontre familiale, montrer que l'on est content des cadeaux reçus, qu'on apprécie le super repas préparé...

 

 

 

La plus grande de mes filles, Coraline, 15 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma 2e, Mélody, 14 ans

 

 

 

 

 

 

Charline, 12 ans, ma 3e

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voici Andy, le petit dernier de 3 ans 1/2

 

 

 

 

 

 

 

Tous les 4

 

 

 

 

 

Mon Thierry, cet être exceptionnel qui partage ma vie

 

 

 

 

 

           

 

 

Ma petite soeur avec son ami

 

 

 

 

 

 

 

 

Et j'ose pour la 1ère fois, quelques photos de moi ! La 1ère est avec maman    

   

J'aime aussi cette photo, où je suis avec une de mes belles-soeurs, que j'appécie énormément. Tout le monde a l'air tellement heureux sur cette photo ! Cela fait du bien. D'autant que ces sourires là par contre, je sais combien ils étaient spontanés, naturels et sincères...

Quand je pense que demain matin, tout sera terminé ! Les fêtes seront passées, et en plus, on commencera une nouvelle année ! Que le temps passe... vite... tellement vite pour certaines choses !

Je ne sais pas ce qu'il faut souhaiter aux gens pour ce nouvel an ! Tout simplement qu'ils puissent réaliser tous leurs projets, leurs voeux, leurs désirs. Que la vie leur offre beaucoup de bonheur, et le moins d'embûches possible. Une année pleine de douceur, de tendresse et d'amour...

 

Par Justine - Publié dans : Archives 10 à 12/2006
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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /Déc /2006 16:32

 

 

 

Pendant ces quelques jours de congés de fin d’année, et en période de fêtes, nous sommes amenés à rencontrer du monde, voir la famille, parler avec certains de ses membres que nous ne voyons presque jamais, ou si peu qu’on se demande s’ils vous connaissent vraiment !  

 

Repas de famille, apéritifs, festivités, et inévitablement… relations humaines, dialogues discussions… J’avoue que j’ai partagé cette année des moments forts et agréables avec certaines personnes. Des échanges que je n’oublierais jamais, des maux doux, ou d’une grande richesse, de la tendresse dans la voix de certains, de la compréhension parfois, de l’humour…  

 

 

 

 

Mais j’ai aussi eu droit de la part d’autres personnes, aux inévitables « leçons de moral », propos déplacés ou déplaisants, phrases qui vous piquent et vous heurtent. Et oui, je crois qu’il y a ceux qui ne peuvent comprendre et admettre. Je parle bien sur de ma maladie. 

 

Voici quelques unes des phrases qui ont échappées à certains :  

 

« On est convaincu que tu te complais dans ta maladie et que tu ne souhaites en sortir parce que tu t’y trouves bien et une certaine satisfaction »  

 

« Nous pensons que tu as fait un choix. Le choix de rester malade, de souffrir et de te faire du mal. Que c’est pour toi un besoin dont tu n’as pas envie de te passer en essayant de te soigner. Très bien, c’est ton droit, c’est ton choix, mais comment peux-tu par contre, l’imposer à ta famille, Thierry et tes enfants, qui eux ne font qu’en souffrir ? »  

 

« Si tu es toujours malade après 18 mois de thérapie chez un psychiatre, c’est qu’il est très mauvais alors changes-en »  

 

« Pour que tu en sois encore là alors que tes premiers troubles ont commencé il y a maintenant 2 ans, c’est que tu ne veux pas guérir, sinon, il y a longtemps que tu le serais, et que tu aurais pris les décisions nécessaires pour cela, comme te faire par exemple hospitaliser 3 mois dans une clinique spéciale… »  

 

« Te rends-tu comptes du mal que tu fais à tout le monde ? »  

 

…etc…  

 

Que dire ? Qu’ils ont peut-être raison ! ! !  Oui après tout, c’est vrai, je pense avoir fais le choix de souffrir chaque matin quand je me lève et de commencer ma journée en m’interrogeant sur la nourriture et sur les maux que je vais devoir supporter… Fais le choix de perdre mes cheveux, et l’émail de mes dents… D’avoir des diarrhées ou une constipation telle que je suis parfois tordue de douleur, de pleurer en moyenne une fois par jour de souffrance ou de peine, de crever la faim ou de vomir la tonne de nourriture que je viens d’avaler dans une crise de boulimie, de me juger sans cesse tellement j’ai honte de ces troubles, des actes qui vous poussent à faire, de passer une partie de ma journée au dessus d’une cuvette de WC, d’un évier pour tremper mes aliments ou devant un réfrigérateur… Fais le choix de ne dormir que 2 heures par nuit depuis plus d’un an et d’essayer d’occuper en silence le reste de la nuit pour ne déranger personne… De quitter du coup le lit conjugal pour ne pas réveiller minou et l’ennuyer, et de dormir en boule sur un bout de banquette…Fais le choix de ne plus du tout être en capacité de manger normalement et comme tout le monde. Soit je jeûne ou mange une endive, soit je fais une crise dans un coin de la cuisine… Fais le choix de porter des masques du matin au soir pour paraître heureuse, pour sourire, être une maman « parfaite », une épouse « modèle » et une professionnelle « exceptionnelle »… Fais le choix d’avoir mal dans les jambes et des crampes chaque fois que je pars promener mon p’tit loulou de 3 ans ½, et à cette époque de l’année, malgré la douceur, des engelures un peu partout et le visage plein de dartres…. Fais le choix de devoir bientôt m’habiller chez « Z » car même le 36 de chez Jennifer m’est un peu large…. Fais le choix de ne plus pouvoir manger ou boire un coup avec des amis, être invitée ou souffrir autant quand nous recevons du monde…. Et surtout, fais le choix de détruire mon entourage, inquiéter et faire volontairement souffrir les personnes que j’aime le plus au monde, que sont mon minou, mes 4 enfants, ma p’tite sœur et tous les autres… Fais le choix en clair de me détruire et briser la vie de tous ceux qui m’entourent. 

 

Je ne sais comment exprimer ce que je ressens face à de telles paroles ! Comment est-ce qu’on peut même penser une seconde ce genre de chose et venir m’en faire part ? Je trouve cela immonde et tellement dure. Mais d’un autre côté, je sais aussi que c’est la méconnaissance de la maladie qui veut cela, l’inquiétude, la peur, l’incompréhension qui poussent certains individus à réagir ainsi. Enfin, j’essaie de les excuser de cette manière, et d’accepter leur point de vue et leur avis. Je ne porte aucun jugement et fais preuve de beaucoup de tolérance. Cependant, j’avoue que c’est avec une grande souffrance que j’encaisse ces mots et essaie de les analyser et en retirer quelque chose de positif.  

 

D’autant que je me bats au quotidien pour m’en sortir, pour ne plus être malade. Je suis dans cette optique de vouloir guérir et n’aspire qu’à cela. Je fais tout pour cela. Certaines personnes anorexiques ne sont pas encore en capacité de faire ce chemin là. Elles souhaitent plus que tout continuer à maigrir, perdre encore des kilos, et pas forcément encore, arriver à la guérison.  

 

Moi je suis prête pour cela. Et j’ai déjà mis en œuvre tellement de moyens ! Accepter de suivre une thérapie complexe et douloureuse avec un psychiatre, accepté de travailler sur tout ce qu’il me demande de faire en parallèle de nos rendez-vous, j’ai tenté l’ostéopathie, un aimant magnétisé et porté en permanence à même le corps (et oui !), j’ai accepté les traitements médicaux alors que je déteste prendre ne serait-ce qu’un cachet d’aspirine et ne me soigne généralement qu’avec l’aide de plantes ou produits naturels (et bien là j’ai mes petits cachets blancs dont les boîtes portent les belles petites bandes rouges avec le triangle « attention… »). J’ai essayé la micro-kinésithérapie. Contacté des associations et suivi certains conseils. J’ai acheté des CD d’auto-hypnose. Parcouru des centaines de sites Internet sur le sujet, lu des dizaines de livres, échangé avec des personnes dans mon cas ou maintenant guéries… Et tant de choses encore.  

 

Mais la maladie est toujours là. Agrippée à moi comme un monstre qui m’aurait envahie et dont je n’arrive plus à me défaire. Dès que je réussi une étape et commence à reprendre espoir, je rechute et fais deux pas en arrière. Je prends 3 kilos et j’en reperds 2…. Je mange 2 repas et en saute 4 pour me punir…Les symptômes ne me lâchent pas. Et cela chaque jour, tout le temps, sans interruption.  

 

Aujourd’hui par exemple, voilà la petite histoire de midi. Cela en fera peut-être rire certains ! Et bien moi j’en ai encore pleuré pendant une heure parce que cette petite anecdote, elle se produit chaque jour ou presque, ou s’en est d’autres… Mais elles ne me font plus rire moi. Elles me font mal, me « bouffent », me détruisent…  

 

Ce matin, nous avions décidé de laisser 3 grandes puces à la maison. Je leur prépare une pizza pour midi avant de partir et leur permets de faire ce qu’elles ont envie. Super heureuses mes 3 minettes… Et nous, avec Thierry et le p’tit loulou, nous partons voir la nounou et lui offrir ses cadeaux, puis iront en ville, manger à la cafet et faire les magasins. Chouette programme, même s’il est tout simple et tout le monde semble ravi de cela, même moi. Je me sens bien, n’ai pas trop de douleurs malgré les diarrhées du matin en me levant et des maux d’estomac du fait que je n’ai rien pu avaler encore… Tout se passe bien chez la nounou. C’est ensuite que les choses se gâtent !  

 

Cafet ! Je prends mon éternelle bol de salade sans aucun assaisonnement (petites voix de l’anorexie qui m’y contraignent), Thierry une pizza, et mon p’tit bout à très envie d’une assiette de frites avec un dessert. Le hic, c’est qu’il en a beaucoup mangé, mais pas toutes car l’assiette était grosse et il a calé. J’en ai pris une, par réflexe je suppose, ou gourmandise, ou envie, ou pulsion ? Je ne sais pas. J’en prends une 2e, une 3e et finis du coup les frites qu’il restait. Elles me donnent envie d’une assiette entière ! Je demande à minou si je peux m’offrir cela, très confiante et sereine, en disant que je la garderais et que ce sera un grand défi… J’avale l’assiette de frites avec ma salade. Seulement je commence à me sentir mal, dans ma tête. Mon esprit s’évade, je sens une crise mise en place mais non terminée. La nervosité me gagne, l’agitation. Je ne suis pas bien. Nous partons à carrefour, où nous devions regarder plein de choses avec minou (un matelas, des idées de cadeaux pour nous deux…). Seulement je ne suis plus attentive aux courses et au fait que nous étions là pour passer un moment agréable tous les deux. Je suis dans ma bulle, dans ma crise pas finie, dans mes maux, mes interrogations, mes sentiments… J’ai encore faim. Drame ! je passe devant l’étalage des galettes des rois. J’adore cela ! Machinalement j’en mets une dans le chariot. Mon loulou veut un pain au chocolat. J’en prends une boîte de 10 en pensant au 4h des filles ! Il veut le manger de suite, je lui donne et en prends un sans y faire vraiment attention. Puis un 2e… Catastrophe. La crise est bien là. Je ne réponds plus de rien et suis de plus en plus mal. Nous prendrons la décision de rentrer au lieu de continuer les magasins. Sur le trajet du retour, je prends mon canif que j’ai au fond de mon sac à mains et me coupe une part de galette des rois. Puis une 2e, une 3e, une 4e…. Et bien j’ai eu la fêve ! pas de problème ! ! ! Pourquoi ? Parce que j’ai intégralement avalé la galette. Oui, entière ! Rien que d’écrire cela, je me donne envie de vomir et me dégoutte. A suivi bien sur en rentrant à la maison, la phase « passage obligé » aux toilettes, vomissements, purge, prise de laxatifs, pleurs, honte, culpabilité, désespoir…. 

 

Génial le programme n’est-ce pas ? Voilà comment le quotidien d’une anorexique-boulimique est gâché. Tout le temps. C’est un enfer 24h/24. 

 

Alors… comment pouvoir penser que je puisse me complaire à vivre ainsi ? 

Par Justine - Publié dans : Archives 10 à 12/2006
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Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /Déc /2006 15:32

 

"Le suicide n'est pas un choix, on y est conduit quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d'y faire face." 

 

 

Dans le suicide, il ne s'agit que de cela. Vous n'êtes pas une personne haïssable, ou folle, ou faible, ou incapable, parce que vous vous sentez suicidaire. Avoir des idées noires ne veut même pas dire que vous voulez vraiment mourir - cela veut juste dire que vous avez plus de douleur que de ressources pour la prendre en charge maintenant. Si j'empile des poids sur vos épaules, vous vous écroulerez au bout d'un moment si j'ajoute suffisamment de poids... quelle que soit votre volonté de rester debout. (C'est pourquoi il est si inutile que les gens vous disent : "debout, garde le moral!" - vous le feriez, évidemment, si vous le pouviez.)   

 

 

N'acceptez pas que quelqu'un vous dise, "il n'y a pas de quoi être suicidaire pour cela." Il y a différentes sortes de souffrances qui peuvent mener au suicide. Qu'une douleur soit supportable ou non diffère d'une personne à une autre. Ce qui peut être supportable pour quelqu'un peut ne pas l'être pour vous. La limite où la douleur devient insupportable dépend du genre de ressources dont vous disposez. Les individus sont très différents dans leur capacité à supporter la douleur.  

 

 

Quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d'y faire face, le résultat, ce sont des pensées suicidaires, des "idées noires". Le suicide n'est alors ni faux ni vrai; ce n'est pas un défaut de caractère; il n'y a pas à le juger moralement. C'est simplement un déséquilibre de la douleur par rapport aux ressources qui permettent de les affronter. 

 

Par Justine - Publié dans : Archives 10 à 12/2006
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Lundi 25 décembre 2006 1 25 /12 /Déc /2006 22:48

Ce post va certainement paraître stupide. Mais peu importe. Je ne viens pas ici pour faire preuve d’intelligence, écrire des choses justes ou gentilles, faire plaisir, être positive… Alors aucune importance puisque c’est tout simplement ce que j’ai envie d’exprimer ce soir.   

 

 

 

Il y a environ un mois de cela, quand mon p’tit loulou a fait sa lettre pour le père noël (oui oui, qu’on a même postée et pour laquelle il a eu une réponse du père noël !), il m’a demandé pourquoi je n’en faisais pas une avec lui ! Je lui ai expliqué que noël était pour les enfants, et que nous les adultes, on n’avait pas de cadeau à cette occasion. Et pourtant, dans mon for intérieur, j’avais très envie de lui écrire, et de lui passer commande ! Plein de petites choses dont j’avais envie, des idées de cadeaux diverses, et surtout, un cadeau en particulier. C’était mon vœu n°1.  

 

Du coup, quand mon Thierry m’a demandé ce qu’il me ferait plaisir à Noël (en fait on met toujours un quelques cadeaux aussi pour nous deux sous le sapin, en plus des enfants), je lui ai donné une liste sur laquelle j’avais écrit mes idées, ce qu’il me manquait ou me ferait plaisir, et surtout, mon plus grand vœu. 

 

GUERIR. Que le père-noël puisse me trouver et m’apporter la solution pour y parvenir. Voilà ce que je souhaitais, telle une enfant qui jusqu’au 25 décembre attendait impatiemment, en espérant…  

 

Hier soir, nos 4 enfants, Thierry et moi, avons mis nos chaussons sous le sapin !  

 

J’ai vécu des moments magiques ce matin, lorsque mes 4 amours se sont levés, on avalé très vite un verre de jus d’orange et un biscuit pour écourter le p’tit déjeuner et vite descendre voir… Voir si le père noël était passé. Tous encore en pyjama, ils ont découvert avec des sourires radieux et des yeux qui semblaient pétiller de bonheur, les cadeaux déposés au pied du sapin. C’était génial. Des moments qui restent gravés, et qui vous permettent de vous conforter dans l’idée que la vie est belle ! 

 

Même moi je n’en suis pas revenue du nombre de cadeaux qui m’étaient destinés ! J’ai vraiment été très gâtée, franchement et je remercie encore mon amour de père-noël pour tout cela.  

 

Malgré tout, je reste déçue ! Et je sais maintenant que le vrai père-noël n’existe pas. J’en suis certaine aujourd’hui ! Car il ne m’a pas apporté le cadeau que j’espérais le plus. Il ne la pas trouvé, pas fabriqué non plus, pas acheté bien entendu ! Je ne l’ai pas eu… Et je me retrouve ce soir, telle une enfant qui aurait eu tout un tas de choses, sauf le cadeau qu’elle attendait le plus. 

 

D’autant que d’un point de vue de mes troubles, c’est une catastrophe ! Je suis sortie de l’hôpital vendredi, et je ne sais trop pourquoi, étant donné l’état dans lequel je me trouvais, mes 45 kilos qui d’après tout le monde me rendaient squelettique, ma fatigue, ma tension si basse… je me suis dit qu’il fallait que je retrouve très vite des forces pour passer d’agréables fêtes avec mes enfants. J’avais tout fait pour sortir de l’hôpital pour être avec eux à noël, je ne voulais pas les décevoir ou passer ces moments couchée, mal, ou malade. Alors vendredi je me suis « autorisée » à manger, normalement ! Une première depuis bientôt deux ans. Manger à table, comme tout le monde, dans une assiette, simplement. Je me suis forcée à ne pas vomir, à garder ces repas (tout à fait corrects) en me disant qu’ils ne me feraient pas tant de mal que cela et que je pouvais me permettre cet écart. Seulement j’ai fait de même samedi. Mon corps n’étant pas habitué à ce que ce soit autant la fête pour lui, il s’est empressé de conserver tout ce que j’ai mangé, et d’aller faire des provisions ! Il est allé stocker tout cela dans mon p’tit corps ! Résultat, je remonte à 47 kilos ! Aïe, Aïe, AÎe !  

 

Je ne prends pas trop mal les choses malgré tout et me réconforte en me disant que j’ai moins la tête qui tourne, que je suis un peu moins pâle, et plus en forme pour aller fêter noël le lendemain avec toute ma famille (22 personnes réunies !). 

 

Dimanche 24 décembre donc, grande réunion de famille, et repas de noël avec mes parents, frères et sœurs, grands-mères, tantes, oncles… Je ne veux pas que l’on m’ennuie avec ma maladie et me décide pour éviter toutes interrogations, réactions ou réflexions, de manger comme tout le monde ! ! On commencera par l’apéro avec des kirs, des mini pizzas, tartes à l’oignon et feuilletés saucisse ! Je me fais plaisir et goûte de tout. Je mangerais ensuite, lentement et calmement comme les autres (ce qui va du coup m’empêcher de vomir ensuite ! !), de la lotte en sauce, du chevreuil avec des haricots et pommes duchesses, du fromage (3 fois !), et des desserts (je goûterais par gourmandise et en me disant qu’au point où j’en suis autant me faire plaisir !), un morceau de tarte au chocolat, un à la pomme et un multi-fruits ! Ben voyons, rien que cela ! Mais non, ce n’est pas fini, je prendrais aussi quelques papillotes « révillon » (les si bonnes, au praliné !). Tout ceci avec vin blanc, champagne… 

Je commence à ne plus voir les choses avec autant d’optimisme que la veille et me persuade que je ne peux pas rester avec tout cela. Mais d’un autre côté, impossible de vomir chez mes parents… Les conditions ne sont pas réunies pour que je puisse y parvenir ! Je suis donc contrainte d’abandonner cette idée. Mais je me sens stressée, angoissée et très mal. Les p’tites voix me tiraillent et me raisonnent dans la tête, c’est atroce. J’ai mal partout, je me sens tel un hippopotame, c’est affreux.   

Nous rentrons à la maison vers 18H00. Mal comme je suis, tel un automate, je me dirige vers la cuisine et prends un morceau de pain ! Puis une brioche, un gâteau… CRISE ! ! ! Il ne manquait plus que cela ! Mais cette fois, je sais que je peux aller à la salle de bains… 

 

Manque de chance, pour la 1ère fois en 2 ans de troubles, je ne parviens pas à vomir, quelques soient les moyens employés ! De plus, ma gorge me fait toujours terriblement mal, depuis que j’ai été intubée à l’hôpital. Je resterais là un moment, à pleurer désespérément devant le constat de la journée catastrophe.  

Résultat inévitable compte tenu des milliers de calories avalées, je ferais le lendemain matin (ce matin 25/12 donc) 49 kilos ! C’est fou comme il faut parfois tant de temps au corps pour perdre ne serait-ce que 500 g, et à l’inverse, on peut reprendre (la preuve en est !) 4 kilos en 3 jours !  

Pour ne pas faire les choses à moitié, et désespérée comme je l’étais face à mes repas, mes kilos, mes troubles… j’ai décidé de faire plaisir à ma p’tite famille à midi, et partager le repas de noël que je leur avais préparé. Et aller… Feuilletés apéritif, foie gras, saumon fumé avec terrine de noix de St Jacques (petits pains de mie chauds à chaque plat), et cassolette d’escargots au riesling ! Là encore, mon esprit d’anorexique ne peut me laisser avec tout ce que j’ai avalé. Mais une fois de plus, impossible de me purger. Rien à faire, aucun moyen. J’espère qu’ils ne m’ont pas abimé la trachée à l’hôpital ! On dirait en fait qu’elle est complètement resserrée et que rien ne peut passer pour remonter !   

  

 

Que dire de plus ? Que ce soir je suis frustrée, bouleversée, catastrophée, contrariée… Je sais déjà que la balance va afficher 50 demain (à cause des repas d’aujourd’hui). Je me sens énorme, sale… à tel point que je suis restée plongée plus d’une heure dans un bain rempli de mousse, pendant qu’ils regardaient les 3 frères à la télé. J’avais non seulement besoin d’être seule pour pleurer, me haïr, exprimer la colère que j’ai envers moi-même, et surtout, me laver… M’enlever ce poids, cette saleté, ces fichues « traces » laissées par tout cette nourriture dont je me suis gavée ces derniers jours. Je me sens si mal ce soir...

Que dire de plus ? Que ce soir je suis frustrée, bouleversée, catastrophée, contrariée… Je sais déjà que la balance va afficher 50 demain (à cause des repas d’aujourd’hui). Je me sens énorme, sale… à tel point que je suis restée plongée plus d’une heure dans un bain rempli de mousse, pendant qu’ils regardaient les 3 frères à la télé. J’avais non seulement besoin d’être seule pour pleurer, me haïr, exprimer la colère que j’ai envers moi-même, et surtout, me laver… M’enlever ce poids, cette saleté, ces fichues « traces » laissées par tout cette nourriture dont je me suis gavée ces derniers jours. Je me sens si mal ce soir...

 

 

Par Justine - Publié dans : Archives 10 à 12/2006
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Dimanche 24 décembre 2006 7 24 /12 /Déc /2006 07:47

 

          

 

Joyeux noël et bonnes fêtes !

 

 

Par Justine - Publié dans : Archives 10 à 12/2006
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