Ce post va certainement paraître stupide. Mais peu importe. Je ne viens pas ici pour faire preuve d’intelligence, écrire des choses justes ou gentilles, faire plaisir, être positive… Alors aucune importance puisque c’est tout simplement ce que j’ai envie d’exprimer ce soir.
Il y a environ un mois de cela, quand mon p’tit loulou a fait sa lettre pour le père noël (oui oui, qu’on a même postée et pour laquelle il a eu une réponse du père noël !), il m’a demandé pourquoi je n’en faisais pas une avec lui ! Je lui ai expliqué que noël était pour les enfants, et que nous les adultes, on n’avait pas de cadeau à cette occasion. Et pourtant, dans mon for intérieur, j’avais très envie de lui écrire, et de lui passer commande ! Plein de petites choses dont j’avais envie, des idées de cadeaux diverses, et surtout, un cadeau en particulier. C’était mon vœu n°1.
Du coup, quand mon Thierry m’a demandé ce qu’il me ferait plaisir à Noël (en fait on met toujours un quelques cadeaux aussi pour nous deux sous le sapin, en plus des enfants), je lui ai donné une liste sur laquelle j’avais écrit mes idées, ce qu’il me manquait ou me ferait plaisir, et surtout, mon plus grand vœu.
GUERIR. Que le père-noël puisse me trouver et m’apporter la solution pour y parvenir. Voilà ce que je souhaitais, telle une enfant qui jusqu’au 25 décembre attendait impatiemment, en espérant…
Hier soir, nos 4 enfants, Thierry et moi, avons mis nos chaussons sous le sapin !
J’ai vécu des moments magiques ce matin, lorsque mes 4 amours se sont levés, on avalé très vite un verre de jus d’orange et un biscuit pour écourter le p’tit déjeuner et vite descendre voir… Voir si le père noël était passé. Tous encore en pyjama, ils ont découvert avec des sourires radieux et des yeux qui semblaient pétiller de bonheur, les cadeaux déposés au pied du sapin. C’était génial. Des moments qui restent gravés, et qui vous permettent de vous conforter dans l’idée que la vie est belle !
Même moi je n’en suis pas revenue du nombre de cadeaux qui m’étaient destinés ! J’ai vraiment été très gâtée, franchement et je remercie encore mon amour de père-noël pour tout cela.
Malgré tout, je reste déçue ! Et je sais maintenant que le vrai père-noël n’existe pas. J’en suis certaine aujourd’hui ! Car il ne m’a pas apporté le cadeau que j’espérais le plus. Il ne la pas trouvé, pas fabriqué non plus, pas acheté bien entendu ! Je ne l’ai pas eu… Et je me retrouve ce soir, telle une enfant qui aurait eu tout un tas de choses, sauf le cadeau qu’elle attendait le plus.
D’autant que d’un point de vue de mes troubles, c’est une catastrophe ! Je suis sortie de l’hôpital vendredi, et je ne sais trop pourquoi, étant donné l’état dans lequel je me trouvais, mes 45 kilos qui d’après tout le monde me rendaient squelettique, ma fatigue, ma tension si basse… je me suis dit qu’il fallait que je retrouve très vite des forces pour passer d’agréables fêtes avec mes enfants. J’avais tout fait pour sortir de l’hôpital pour être avec eux à noël, je ne voulais pas les décevoir ou passer ces moments couchée, mal, ou malade. Alors vendredi je me suis « autorisée » à manger, normalement ! Une première depuis bientôt deux ans. Manger à table, comme tout le monde, dans une assiette, simplement. Je me suis forcée à ne pas vomir, à garder ces repas (tout à fait corrects) en me disant qu’ils ne me feraient pas tant de mal que cela et que je pouvais me permettre cet écart. Seulement j’ai fait de même samedi. Mon corps n’étant pas habitué à ce que ce soit autant la fête pour lui, il s’est empressé de conserver tout ce que j’ai mangé, et d’aller faire des provisions ! Il est allé stocker tout cela dans mon p’tit corps ! Résultat, je remonte à 47 kilos ! Aïe, Aïe, AÎe !
Je ne prends pas trop mal les choses malgré tout et me réconforte en me disant que j’ai moins la tête qui tourne, que je suis un peu moins pâle, et plus en forme pour aller fêter noël le lendemain avec toute ma famille (22 personnes réunies !).
Dimanche 24 décembre donc, grande réunion de famille, et repas de noël avec mes parents, frères et sœurs, grands-mères, tantes, oncles… Je ne veux pas que l’on m’ennuie avec ma maladie et me décide pour éviter toutes interrogations, réactions ou réflexions, de manger comme tout le monde ! ! On commencera par l’apéro avec des kirs, des mini pizzas, tartes à l’oignon et feuilletés saucisse ! Je me fais plaisir et goûte de tout. Je mangerais ensuite, lentement et calmement comme les autres (ce qui va du coup m’empêcher de vomir ensuite ! !), de la lotte en sauce, du chevreuil avec des haricots et pommes duchesses, du fromage (3 fois !), et des desserts (je goûterais par gourmandise et en me disant qu’au point où j’en suis autant me faire plaisir !), un morceau de tarte au chocolat, un à la pomme et un multi-fruits ! Ben voyons, rien que cela ! Mais non, ce n’est pas fini, je prendrais aussi quelques papillotes « révillon » (les si bonnes, au praliné !). Tout ceci avec vin blanc, champagne…
Je commence à ne plus voir les choses avec autant d’optimisme que la veille et me persuade que je ne peux pas rester avec tout cela. Mais d’un autre côté, impossible de vomir chez mes parents… Les conditions ne sont pas réunies pour que je puisse y parvenir ! Je suis donc contrainte d’abandonner cette idée. Mais je me sens stressée, angoissée et très mal. Les p’tites voix me tiraillent et me raisonnent dans la tête, c’est atroce. J’ai mal partout, je me sens tel un hippopotame, c’est affreux.
Nous rentrons à la maison vers 18H00. Mal comme je suis, tel un automate, je me dirige vers la cuisine et prends un morceau de pain ! Puis une brioche, un gâteau… CRISE ! ! ! Il ne manquait plus que cela ! Mais cette fois, je sais que je peux aller à la salle de bains…
Manque de chance, pour la 1ère fois en 2 ans de troubles, je ne parviens pas à vomir, quelques soient les moyens employés ! De plus, ma gorge me fait toujours terriblement mal, depuis que j’ai été intubée à l’hôpital. Je resterais là un moment, à pleurer désespérément devant le constat de la journée catastrophe.
Résultat inévitable compte tenu des milliers de calories avalées, je ferais le lendemain matin (ce matin 25/12 donc) 49 kilos ! C’est fou comme il faut parfois tant de temps au corps pour perdre ne serait-ce que 500 g, et à l’inverse, on peut reprendre (la preuve en est !) 4 kilos en 3 jours !
Pour ne pas faire les choses à moitié, et désespérée comme je l’étais face à mes repas, mes kilos, mes troubles… j’ai décidé de faire plaisir à ma p’tite famille à midi, et partager le repas de noël que je leur avais préparé. Et aller… Feuilletés apéritif, foie gras, saumon fumé avec terrine de noix de St Jacques (petits pains de mie chauds à chaque plat), et cassolette d’escargots au riesling ! Là encore, mon esprit d’anorexique ne peut me laisser avec tout ce que j’ai avalé. Mais une fois de plus, impossible de me purger. Rien à faire, aucun moyen. J’espère qu’ils ne m’ont pas abimé la trachée à l’hôpital ! On dirait en fait qu’elle est complètement resserrée et que rien ne peut passer pour remonter !
Que dire de plus ? Que ce soir je suis frustrée, bouleversée, catastrophée, contrariée… Je sais déjà que la balance va afficher 50 demain (à cause des repas d’aujourd’hui). Je me sens énorme, sale… à tel point que je suis restée plongée plus d’une heure dans un bain rempli de mousse, pendant qu’ils regardaient les 3 frères à la télé. J’avais non seulement besoin d’être seule pour pleurer, me haïr, exprimer la colère que j’ai envers moi-même, et surtout, me laver… M’enlever ce poids, cette saleté, ces fichues « traces » laissées par tout cette nourriture dont je me suis gavée ces derniers jours. Je me sens si mal ce soir...
Que dire de plus ? Que ce soir je suis frustrée, bouleversée, catastrophée, contrariée… Je sais déjà que la balance va afficher 50 demain (à cause des repas d’aujourd’hui). Je me sens énorme, sale… à tel point que je suis restée plongée plus d’une heure dans un bain rempli de mousse, pendant qu’ils regardaient les 3 frères à la télé. J’avais non seulement besoin d’être seule pour pleurer, me haïr, exprimer la colère que j’ai envers moi-même, et surtout, me laver… M’enlever ce poids, cette saleté, ces fichues « traces » laissées par tout cette nourriture dont je me suis gavée ces derniers jours. Je me sens si mal ce soir...
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